BIENTÔT ICI VOTRE
LIBRAIRIE EN LIGNE


Droits de réplique, polémiques et débats

De Jeune-Europe au PCN : histoire du
Communautarisme européen


Textes doctrinaux NR

Orientations NR

Que faire ? Les tâches immédiates des NR

Qui était Jean Thiriart

PCN : l'héritage
de THIRIART


Histoire du
communautarisme et
des NR en France


Mythes et réalités
du National-Bolchévisme


Appel aux NR européens

NR, NB, et anti-nazisme

Communiqués du Front
Européen de Libération


Documents

A propos du FEL et de NR

Liens divers et Adresses

Courrier

Prochaine mise à jour : 2011 !




Jean Thiriart à Moscou en Août 1992 manifeste avec des étudiants arabes et africains : solidarité quadricontinentale des peuples contre l'impérialisme.


___Dix ans avec Jean Thiriart

___Génération THIRIART ! Contre l’imposture et les mensonges des "nouveaux nationalistes", seule la vérité est révolutionnaire… Préface.

___Lettre ouverte aux NR égarés dans l’extrême-droite française : la place des nationalistes-révolutionnaires est dans le front anti-américain !

___Les NR et la guerre FN-MNR. Ni César, ni Brutus : Pour une alternative au système !

___Luc MICHEL : Front quadricontinental contre l'impérialisme !

___Luc MICHEL : Actualité du Front quadricontinental




Génération THIRIART !

Contre l’imposture et les mensonges des "nouveaux nationalistes", 
seule la vérité est révolutionnaire !

 

Préface

En 1962, Jean THIRIART fondait son Organisation transnationale. En 1984, le PCN redonnait au "Communautarisme européen" une expression politique ouverte sous la direction de Luc MICHEL et avec l’aide de THIRIART.

Depuis 40 ans, de "Jeune-Europe" au "Parti Communautaire National-européen" en passant par le "Parti Communautaire Européen" et le Réseau THIRIART dans les années 70, une même Organisation poursuit le même combat et les mêmes buts au nom de la doctrine communautariste.

Dès les premiers combat des années 60, sans relâche, l’un de nos pires ennemis a toujours été l’extrême-droite, ancienne ou nouvelle. Sabotages, censure, détournements idéologiques, étouffement, celle-ci ne nous a jamais rien épargné. Depuis 10 ans, le PCN le lui a bien rendu avec intérêts et principal.

Depuis la mort de THIRIART en 1992, certains éléments droitiers n’en mènent pas moins une entreprise de récupération, où la pensée du fondateur du Communautarisme européen est détournée et travestie, déconsidérée et salie.

Les derniers jours de THIRIART furent assombri par les débuts de cette entreprise de démolition. A l’occasion de son voyage triomphal en Russie en août 1992 (1), où il reçut la reconnaissance politique qu’il méritait, THIRIART découvrait avec effarement la tentative de récupération dont il était victime de la part d’un quarteron d’agitateurs français et italiens. La confusion avec la " Nouvelle droite ", pour laquelle il avait un mépris profond, le mettait particulièrement en rage. Sa dernière activité politique fut de préparer avec Luc MICHEL la contre-offensive et d’adresser de nombreuses mises aux points et droits de réponse à la presse russe et française.

THIRIART insistait en permanence sur le respect de l’orthodoxie idéologique, à l’instar de Lénine qu’il admirait, il menait sans cesse le combat contre les déviations. Dès 1960, il devait mettre l’accent sur la nécessité de définir une orthodoxie doctrinale. Ce sera le "Manifeste à la Nation Européenne", texte fondateur du Communautarisme européen, qui de 1962 à nos jours connaîtra six éditions réactualisées (2).

A la mort de Jean THIRIART en 1992, le PCN recueillait son héritage politique, comme il avait déjà en 1984 reçu celui de l’Organisation communautariste. La fidèle épouse de Jean THIRIART, Alice Thiriart-Thyssens, ancien cadre dirigeant de "Jeune-Europe", remettait à sa mort à Luc MICHEL les archives de "Jeune Europe" et les archives politiques de THIRIART. En 1999, à la mort prématurée d’Alice, Luc MICHEL recevait de Frédérique Thiriart, sa fille, les archives privées de son père, sa volumineuse correspondance et sa bibliothèque politique (3).

Depuis 1992, nous assistons donc avec agacement au travestissement des idéaux de Jean THIRIART par quelques agitateurs français. Mais aujourd’hui, avec la publication du livre "Les Nouveaux Nationalistes" (4), trop c’est trop ! Dans ce livre, où THIRIART occupe une place centrale mais travestie, on refait l’histoire, à l'instar de la police de la pensée dans le "1984" d'Orwell. Celle de THIRIART, mais aussi celle du Nationalisme-Révolutionnaire en France et en Europe. Au cours d’une suite interminable de mensonges et de contre-vérités, Bouchet, qui a réécrit complètement son parcours politique pour les besoins de la cause, et quelques complices mentent, manipulent, tronquent, salissent.

On voit même Bouchet qui a rencontré THIRIART trois fois au début des années 90 – rencontres où il reçu une volée de bois vert de THIRIART pour ses positions politiques opportunistes et droitières (5) – se présenter comme un intime !

Le PCN a donc décidé de réagir publiquement. A cette réaction se sont associés des cadres dirigeants du Communautarisme européen, qui dans le passé ont été à la pointe du combat National-Révolutionnaire en France. Comme Bruno Gayot, cadres des GNR dès les années 70, fondateur du  "Mouvement Nationaliste Révolutionnaire" (le MNR des années 80) puis de "Troisième Voie" et de "Nouvelle Résistance", ou Laurent Baudoux, fondateur de "Nouvelle Résistance" et du "Front Européen de Libération", qu’il préside depuis 1993.

Des anciens de "Jeune-Europe", comme Jean-Pierre Vandersmissen, ont aussi choisi de témoigner pour défendre la mémoire de THIRIART. Luc MICHEL, président du PCN, collaborateur intime et éditeur de THIRIART de 1982 à sa disparition, a puisé dans ses archives politiques et privées (celles de THIRIART, du PCN et les siennes, mais aussi celles de l’OLP – l’Organisation Lutte du Peuple – qu’il détient) pour rétablir la vérité face à l’imposture.

Face au mensonge organisé, seule la vérité est révolutionnaire !

Cette réponse se veut un coup de balai idéologique. Un grand nettoyage qui vise à remettre les idées de THIRIART à leur place véritable, loin du marais fétide de l’extrême-droite, et à les faire connaître aux militants égarés qui se réclament des idées du fondateur du Communautarisme européen.

THIRIART qui, comme Staline, pensait avec justesse qu’un "Parti se renforce en s’épurant", avait lui-même à maintes reprises pratiqué de tels coups de balai contre les déviations de tous bords.

Nous voulons aussi éviter à une nouvelle génération de militants politiques, la Génération THIRIART, de se perdre dans le marais de l’extrême-droite où un quarteron de gourous auto-proclamés les a conduit. Car le fait central aujourd’hui est la place occupée par THIRIART au sein des milieux politiques du nationalisme radical. Il y a 10 ans, "Nouvelle Résistance" et le FEL regroupaient les Nationaux-Bolchéviques français autour des idées de THIRIART. Ils sont aujourd’hui et fort logiquement au PCN. En ce début du nouveau siècle, l’histoire se répète avec les Nationaux-Révolutionnaires.

Mais notre réponse est aussi un coup de projecteur qui va mettre en lumière un petit groupe de manipulateurs issu du monde nauséabond des sectes, où règne le mépris de l’homme et où certains rêvent d’appartenir à une race de seigneurs, glorifiant "la loi du plus fort" (6) et préparent une société où "il y a le maître et l’esclave" (7) !

Car la technique du mensonge, de l’amalgame , du travestissement n’est pas ici un hasard. C’est l’application en politique de méthodes utilisées par des sectes comme la Scientologie (8). Et cela porte un nom : la "propagande noire" !

Car derrière ce petit groupe et les opérations qu’ils mènent depuis le milieu des années 80, au sein de l’extrême-droite ou de la Nouvelle Droite, puis des milieux NR, on retrouve l’ombre d’une secte néo-templière et para-maçonnique, à influence sataniste, l’OTO, l’Ordo Templi Orientis et ses multiples scissions, créée au début du XXeme siècle par le "mage" anglais Aleister Crowley (9).

En Allemagne, en France et en Belgique, autour du "Mouvement Européen" (Europaïsche Bewegung) et du groupe de skins "L’Assaut" (10). En France avec Christian Bouchet et certains cadres de "Synergies" (11). En Espagne, en Angleterre et en Italie encore. On retrouve aussi des membres de l'OTO au sein du MNR de Bruno Megret (12).

Cette secte influente (13), qui par ses côtés para-maçonniques a ses entrées au sein de la Franc-Maçonnerie officielle (14), où il apparaît notamment sous les appellations de "Groupe de Thèbes" et de "Cercle d'Alexandrie", y trouve complicité et impunité. L’affaire de Nice (15), c'est-à-dire la disparition au Tribunal de Grande Instance de dossiers pénaux, de notables maçons mais aussi du GUD, lancée par le procureur De Mongolfier, apporte quelques lumières sur ces complicités (16). Elle a aussi ses entrées dans une certaine mouvance universitaire qui tient lieu de syndicat d’intérêt (17).

Ce monde de l’ombre est aussi celui des milieux barbouzards où se complaisait déjà Crowley lui-même (18) et où se mêlent néo-templiers et polices politiques (19). Ombre dans l’ombre, on y débouche aussi sur la mouvance sataniste, celle d’un certain Hard-Rock dévoyé (20), d'un ésotérisme de Bazard (21), des pratiques sexuelles déjantées (22)(23) et des amateurs de cimetières, fascinés par le sang et la mort.

Mais qu’attendre d’autre d’une pensée pseudo-aristocratique qui annonce à ses adeptes : " Vous êtes contre le peuple, ô mes élus " (24).

Tout cela est bien loin de THIRIART, socialiste, matérialiste athée, partisan intransigeant de la laïcité au niveau de la politique, de l’Etat et de la Société.

Tout cela est bien loin aussi du Nationalisme-Révolutionnaire ou du National-Bolchévisme. "Nous ne sommes pas pour les pauvres et les titres" (25), "nous n’avons rien à voir avec les proscrits et les incapables : laissez les mourir dans leur misère (…) écrasez le misérable et le faible, c’est la loi des forts, c’est notre loi…" (26) écrivait Crowley, le maître à penser de l’OTO.

C’est exactement l’inverse du combat de Lénine et du Che, de THIRIART et de tous ceux qui combattent pour la cause des peuples et la Révolution européenne !

Notes et renvois :

(1) Jean THIRIART avait conduit en août 1992 en Russie, une délégation franco-belge, représentant l'opposition nationale-communiste et socialiste communautaire, y avait développé de nombreux contacts avec l'opposition communiste et nationale-communiste Russe, et avait servi de conseiller écouté lors des travaux qui ont conduit à la création du FRONT DU SALUT NATIONAL, plate-forme commune de l'opposition nationale patriotique en Russie. Au cours de ce voyage d'une dizaine de jours, de nombreux entretiens et des contacts très utiles ont été noués avec les principaux dirigeants des forces patriotiques d'opposition russes. La télévision russe et le grand quotidien KOMSOMOLSKAIA (diffusion : 16 millions d'exemplaires) ont rendu compte de cette réunion. La délégation franco-belge a également été reçue à la "Maison Blanche" de Moscou et y a rencontré plusieurs députés du Soviet suprême et du Parlement russe.

Le voyage de Thiriart suivait une visite de Alain de Benoist et coïncidait avec celles de militants italiens. Thiriart fut souvent confondus avec les uns et les autres, dans la presse russe, mais aussi dans "Le Monde Diplomatique", à sa grande colère.

(2) Trois éditions sont dues à THIRIART en 1962, 1965 et 1967. Les 4e (1984) et 5e éditions furent cosignées par THIRIART et MICHEL. La dernière a été publiée en 1996.

(3) Le tout est regroupé dans les Fonds d’Archive Jeune-Europe et Jean THIRIART du PCN.

(4) Christian Bouchet, "Les Nouveaux Nationalistes", Editions Déterna, 2001.

(5) On trouve dans les numéros de "Lutte du Peuple", alors dirigée par Bouchet, de 1991 et 1992, l’écho de ces désaccords. THIRIART devait publier en 1991, sous le titre "Contre l’Europe des tribus", un article retentissant contre les positions de Bouchet et de ses amis.

(6) Alester Crowley, "Liber Legis" (le Livre de la Loi), AL N, 21.

(7) Alester Crowley, "Magick without tears", Thelema Publishing Co., New Jersey, 1954, p. 303.

(8) L’ Eglise de Scientologie est féconde en "propagande noire". Le principe est que le mensonge affirmé laisse les mêmes traces que la vérité. Le but : discréditer l’adversaire ou le concurrent, changer le passé pour influer sur le présent.

Lafayette Ron Hubard, le fondateur de la Scientologie, fut membre de l’OTO en 1945-46. Dans le numéro de juin 1983 de la revue "Penthouse", le fils de Ron Hubard précisait que les idées de Crowley eurent une influence importante sur son père.

(9) L'ouvrage le plus complet sur Crowley, ses disciples et l'OTO est allemand : il s'agit de "Ein Leben fuer die Rose (Arnoldo Krumm-Heller)" de Peter-Robert Koenig (lui-même disciple de Crowley mais dans une tendance non liée à la politique et au néo-nazisme (ISBN 3-927890-21-9 - ARW, box 500 107, D-80971 Muenchen, Germany).

Koenig y donne de nombreuses précisions sur Bouchet, ses initiations au rite de Menphis-Miphraim en Espagne, qui contredisent, documents à l'appui, les dénégations de Bouchet sur ses appartenances sectaires. Koenig y dévoile aussi ses impostures dans le domaine ésotérique et dénonce ses multiples plagiats et vols de textes. Dans l'édition anglaise de son livre, il précise ce qui suit à propos du "French Order-enthusiast and collector Christian Bouchet, a member of the French section of the 'Caliphate'" : "Bouchet had received an MM Charter from Lamparter on June 24th 1991, which was apparently intended to "Fuck the Caliphate" in copyright matters. Consequently Bouchet now proclaimed the National French Grand Lodge of the Krumm-Hellerian O.T.O., disregarding the fact that his Charter from Lamparter was wholly inadequate for this purpose, as it conferred no O.T.O. titles. As Lamparter had first got hold of the Memphis-Misraim degrees in the autumn of 1991, the MM degrees Bouchet provided him with were null and void. Bouchet also seems to have been mixed up in the murky world of neo-fascism ..." (Chapitre 18).

(10) Fondateur de l’ "Europaïsche Bewegung", un groupe néonazi dont "L’Assaut" était la section belge, Michaël Kuhnen était aussi grand maître d’une branche allemande de l’OTO.

"Kühnen trouva également une autre expression pour sa volonté de puissance, son mysticisme et sa sexualité : il fonda en Allemagne une société secrète, la loge Thelema de l'Ordo Templi Orientis (OTO). Il s'agit d'une secte luciférienne qui semble avoir pratiqué (en Allemagne) des orgies comprenant des viols collectifs d'enfant et des sacrifices humains", note le Réseau Voltaire, qui ajoute que "C'est avec Michel Caignet et Jürgen Mosler que Michaël Kühnen fonda l'Europaïsche Bewegung (Mouvement européen), une organisation internationale néonazie implantée en Allemagne, Belgique (avec le groupe L'ASSAUT), Danemark, France et Pays-Bas. Michel Caignet ne fut pas seulement le zélateur en France et au Portugal des théories de Michaël Kühnen. Il participa à l'extension de l'Ordo Templi Orientis en France. Deux branches autonomes se développèrent, l'une à Nantes probablement autour du fondateur de Christian Bouchet - bien que celui-ci le nie -, et l'autre à Nice où Michel Caignet résida et où Jacques Médecin fut initié".

(11) Comme Philippe Pissier ou Robert Cousty. En octobre 1992, " Vouloir ", la revue du groupe publiera un dossier sur Crowley (n°94-95-96) avec notamment un article apologétique de Bouchet intitulé "Alester Crowley révolutionnaire-conservateur inconnu" (sic).

(12) A titre d'exemple de ces curieux parcours politique, où l'infiltration prédomine, RESPUBLICA, Webzine, donne dans son édition de décembre 2000 (n° 73) un exemple significatif et révélateur de la mouvance et de ses protagonistes : "Luc Bianchini encore étudiant, militant écologiste, spécialiste reconnu en ornithologie, fut candidat des Verts à Pau en 1990. Il fut ensuite membre de Résistance Verte la structure écologiste de Nouvelle Résistance (...) Bianchini très très proche de Christian Bouchet, le chef de Nouvelle Résistance, participa à la secte sataniste néo-templière que ce dernier dirige, l'OTO-EGC-AA. Fâché avec son gourou qui préféra prendre comme disciple le futur fondateur de l'organisation sataniste "le Temple de set" Christian Perron (condamné depuis pour insultes à caractères raciales et antisémites) , Bianchini rejoigna l'OTOA (Ordre du Temple d'Orient Antiqua) de Joel Duez qui un mélange Crowleyisme et vaudou. A noter tout de même que les disciples "orthodoxes" et pratiquant d'Aleister Crowley ont toujours réfutés le droit à Bouchet de se réclamer de la pensée de leur mentor et ont toujours combattus les liens entre l'extrême droite néo-nazie que ce dernier initiait. Bref, Bianchini dispose donc d'un capital ésotérique pour le moins surprenant ! Aujourd'hui, il est membre du MNR de Mègret, militant de l'association Granma (les joyeux mangeurs de graminées) et travaille au service environnement de la ville de Bressuire. Il faudra tout de même penser à surveiller les cimetières et marais autour de cette ville !".

(13) Serge Faubert, spécialiste des sectes, révélera l'existence de la mouvance sectaire en 1993 dans "L'Événement du jeudi" du 04/11/1993. Le Réseau Voltaire en donne le résumé qui suit : "En 1992, Massimo Introvigne et le leader de Nouvelle Résistance, Christian Bouchet (cf. L'Express 18/07/96, RV 97/0056 et 97/0099), participaient au "Cercle d'Alexandrie ", structure ouverte placée sous l'autorité du très secret " Groupe de Thèbes". Ce dernier est un groupe de contact des dirigeants de diverses organisations ésotériques, qui se réunissait dans des locaux du Grand Orient de France à Paris (...) et se reformérent ultérieurement à l'abri de la GNLF" (note 98/0345).

Consulter aussi "Un Bonheur mortel" par Bernard Fillaire, Stock éd., 1996.

(14) La Maçonnerie est connue pour son hostilité à l'extrême-droite. Et à l'extrême-droite, dans la droite ligne du thème du "complot judéo-maçonnique" des années 1880-1945, on dévore du maçon à chaque petit-déjeuner. En apparence. Car au GUD ou à UR, BOUCHET lui conjugue les deux appartenances. Dès le 4 novembre 1993, Serge FAUBERT, dans L'EVENEMENT DU JEUDI conscrait un dossier fouillié au "vrai visage des sociétés secrètes" sous le titre "Derrière la magie et l'irrationnel... l'extrême-droite et l'affairisme. Enquête sur le mystérieux Groupe de Thèbes". Ce dernier est un groupe sectaire réunissant sous couvert d'étude de nombreux leader de sectes, dont BOUCHET et Remi BOYER, son fondateur.

Faubert y dévoile Les amitiés troubles du Grand Orient de France. Révélant les activités sectaires de BOUCHET et ses amitiés maçonniques, FAUBERT découvrait la face cachée des activités croisées de divers réseaux occultes mêlant faux templiers, satanistes, lucifériens, sectes diverses, militants néofascistes et maçons. FAUBERT évoquait longuement les contacts officiels du GROUPE DE THEBES et de ses animateurs avec notamment le GRAND ORIENT DE FRANCE, dans les locaux parisiens duquel ils se réunissaient en 1992 et 1993. Evoquant la présence de BOUCHET en ces lieux, FAUBERT précise que "lors d'une première réunion tenue également dans des locaux du GOF, il s'était manifesté par une brillante communication sur… la magie sexuelle". Il ajoute : "Le groupe de Thèbes est aussi parvenu à gagner la confiance de certains responsables du Grand-Orient (...) Et c'est ainsi que, deux années de suite, les magiciens de Thèbes se réuniront chez les frères de la rue Cadet".

La Loge Menphis-Misraim est aussi impliquée. Le GRAND ORIENT n'est pas la seule obédience maçonnique à être liée au GROUPE DE THEBES et à BOUCHET et à ses amis. FAUBERT évoque aussi la présence de "Gérard Kloppel, le grand maître mondial de la loge Memphis Misraïm, une obédience maçonnique qui revendique 7000 membres – dont 1000 en France". L'EDJ s'interroge au sujet de celui-ci : "Quelqu'un aurait dû s'alarmer, protester (...)Et Gérard Kloppel, le patron des maçons de Memphis Misraïm ? " J'avais entendu parler de Bouchet, se dé-fend-il. Mais je ne l'ai jamais vraiment côtoyé. Et puis, je n'ai assisté qu'à une seule réunion du groupe de Thèbes, la première." Pourtant, Bouchet se souvient avoir déjeuné avec lui à l'occasion d'autres rencontres du groupe. Et comment expliquer que le programme de la sixième session du groupe de Thèbes, tenue en mai dernier, annonce une conférence de Gérard Kloppel ? Une attitude bien imprudente. Surtout de la part de quelqu'un que l'on peut supposer a priori bien informé : Gérard Kloppel se flatte, en effet, de compter parmi les responsables de Memphis Misraïm des " policiers de haut rang ". Certaines sources, internes au groupe de Thèbes, font même état de la présence d'un fonctionnaire de la DST parmi les dirigeants de Memphis Misraïm. Sans toutefois pouvoir préciser s'il est ou non en mission d'infiltration…".

L'explication, que ne peut apporter l'EDJ, se trouve dans le livre de Peter-R. KOENIG "DAS OTO-PHAENOMEN" (opus cit). KOENIG y évoque notamment les liens de BOUCHET avec une des branches espagnoles (la LAMPARTER) de l'OTO (dite Krumm-Heller, du nom des fondateurs de ses rites) et son intronisation (l'octroi d'une Charte par une obédience reconnue qui permet la création d'une nouvelle loge) par celle-ci à la direction d'un "Caliphat" (une loge de la secte) en France. Il y révèle particulièrement l'appartenance de la Loge Lamparter à l'obédience Memphis-Misraim, ainsi que celle de Jean-Pierre GIUDICELLI à Nice (Chapitre 18).

(15) Le Webzine RESPUBLICA titre dans son n° 75 (janvier 2001) "Nice , nazisme et ésotérisme : que sait on de Nice ?" et résume de façon percutante les dessous cachés de l'affaire : "Gouvernée par la mafia Médecin , elle est ensuite tombée dans les mains de Jacques Peyrat membre du RPR et ancien ami de J.M Le Pen ! En changeant d'étiquette, Peyrat n' a pourtant pas mis de l'eau dans son breuvage idéologique. Une cellule des Jeunesses Communistes (si, si ça existe toujours) démontre sur son site internet http://www.spasme.org la collusion idéologique et organisationnel qui existe entre l'actuelle mairie de Nice et le mouvement néo-nazi Unité Radicale-GUD.

Il est vrai que c'est de Nice que provient le groupe de Rock Identitaire Français " Fraction Hexagone" dont le leader Fabrice Robert (conseiller municipal de la Courneuve) est le bras droit du führer d'Unité Radicale : Christian Bouchet. Unité Radicale regroupe une poignée d'activistes qui utilise les méthodes de déstabilisation psychologique sectaire instillée par leur gourou. Ainsi à plusieurs reprises ce groupuscule a réussi à provoquer l'émoi dans les mouvements anti-globalisation après avoir annoncé sa venue à Millau et au contre sommet de Nice. Plus la ficelle est grosse, plus elle a de chance de prendre ! Ces mouvements regroupés en une Coordination Nationaliste qui vise à fédérer tous les déçus du tandem à l'arrêt Le Pen -Mégret ressorte du plus grand bluff perpétuel malheureusement relayé par les médias en mal de sensation. Christian Bouchet est un grand spécialiste de l'esbroufe, après avoir joué au plus rouge que les rouge au début des années 90, il s'est politiquement mis sur le créneau folklore bavarois pour s'assurer une survie politique et financière.

Bouchet est également réputé comme étant un spécialiste d'Aleister Crowley. Il a d'ailleurs contribué à accroché la pensée de ce dernier à l'extrême droite alors que les disciples authentiques du mage anglais étaient plutôt orientés à gauche et nettement antifascistes militants. L'ésotérisme est à la mode et c'est pourquoi Bouchet s'est investi dans cette mouvance lui permettant de générer des fonds en

faveur de ses activités politiques nauséabondes. L'OTO (Ordo Templi Orienti) est la structure ésotérique officielle mondiale dénonce pourtant sans cesse les menées de Bouchet et de ses acolytes . Ainsi le site de l'OTO Russe http://www.oto.ru dans un texte traduit en anglais sur l'histoire de leur mouvance dans leur pays explique comment Christian Bouchet à la télévision russe en 1993 parla des liens entre le nazisme et l'occultisme en indiquant d'ailleurs que selon lui "ce qui s'était passé dans les camps de concentrations allemands avait été largement surévalué ". Bouchet s'était alors proclamé grand maître en France de l'OTO alors qu'en fait il en avait été exclu depuis plusieurs années après n'avoir été initié qu'au premier degré (Minerval)".

(16) L'affaire de Nice a fait l'objet d'un long article de CHARLIE-HEBDO, intitulé "Justice à Nice. Dossiers disparus : après la sciento, les fachos !", où malgré quelques grosses erreurs, l'affaire est évoquée au travers de ses protagonistes.

Le dossier le plus complet sur la question a été publié en 1999 dans NATION-EUROPE Hebdo (n° 17), sous le titre "Loges mixtes ? Extrême-droite, secte et Francs-maçons à Nice". Les conclusions de l'article méritent d'être lues : "la disparition du dossier du GUD en compagnie de dossiers impliquant des francs-maçons niçois n'a rien d'incongru. Et elle ne surprend que des journalistes mal informés. A CHARLIE notamment. BOUCHET, idéologue au rabais d'UNITE RADICALE, est en effet la clé de l'énigme. Dès lors, et à moins de croire à l'infiltration de l'appareil judiciaire niçois par un groupuscule agonisant, la disparition du dossier niçois du GUD, en compagnie d'autres impliquant des maçons, n'a rien d'étonnant au vu des amitiés et des appartenances maçonniques de BOUCHET. Tout cela est évidemment bien connu des services de police spécialisés, notamment la DST et les Renseignements généraux. Qui ont peut-être fort négligemment oublié d'en avertir le Procureur De Montgolfier .... Quant aux protagonistes de cette triste affaire, tant au GRAND ORIENT ou à la Loge Menphis-Misraim qu'au GUD, ils devraient sans aucun doute s' interroger sur la présence dans leurs rangs respectifs d'un personnage étrange aux convictions contradictoires et incompatibles".

(17) Serge Gardes dans L'HUMANITE du 27 Juin 2001 titre "Les liaisons dangereuses des universités lyonnaises". Il y met en cause une mafia universitaire sectaire et les diplômes que ses membres se confèrent : "Lorsque le scandale Plantin éclate à Lyon, en avril 1999, plusieurs professeurs sont accusés de complaisances avec l'extrême droite. Parmi eux, Régis Ladous, directeur de la maîtrise de Jean Plantin (...) Ladous est l'un des responsables du CESNUR (Centre d'études des nouvelles religions), passerelle entre les sectes les plus dangereuses et les droites extrêmes dans le monde (...) Pour le CESNUR, les sectes ne sont que de " nouveaux mouvements religieux " qu'il convient de protéger contre les méfaits du laïcisme et des législations qui limitent leur pouvoir de nuisance. Au moment où Plantin débutait sa carrière d'éditeur révisionniste, Lyon accueillait, du 6 au 8 avril 1992, " Le défi magique ", un colloque co-organisé par l'université Lyon 2 et... le CESNUR. Régis n'y est pas intervenu en tant que dirigeant du CESNUR, mais en qualité de professeur à Lyon 3. Parmi les autres intervenants, l'inévitable Massimo Introvigne, Bruno Gelas, président de Lyon 3, et plusieurs figures emblématiques du CESNUR. Parmi elles, Christian Bouchet, figure notoire de l'extrême droite paganiste et néonazie, pilier de l'Ordre du Temple d'Orient, une secte tournée vers le satanisme, la magie sexuelle et le fascisme, par haine du judéo-christianisme. Bouchet a fondé, en 1998, Unité radicale, fusion de groupuscules fascisants (dont le GUD et Jeune Résistance) qui prônait un soutien actif au Front national. Bouchet est aussi le promoteur des groupes musicaux qui polluent, par leurs idées pro-nazies, le hard-rock (...) Le CESNUR fonctionne comme un trait d'union entre les sectes et l'extrême droite, à partir ses bases universitaires, à Lyon, mais aussi à Paris. Le président du CESNUR-France, Antoine Faivre, se trouve être professeur à l'Ecole pratique des hautes études en sciences religieuses, à la Sorbonne. Tout ce petit monde se connaît, se coopte, s'édite et s'entraide. Ainsi l'activiste Christian Bouchet est-il devenu docteur en ethnologie, en 1994, après avoir soutenu une thèse dirigée par Robert Amadou, professeur à Paris 7, chroniqueur dans l'Originel, une feuille ésotérique dans laquelle sévissent Introvigné et... Christian Bouchet".

Il est à noter que Koenig dans "Ein leben fuer die Rose" (opus cit.), largement diffusé sur le Net en plusieurs langues, porte des accusations semblables contre bouchet, qui auraient du depuis longtemps attirer l'attention des autorités académiques : "Bouchet hat fuer seine Doktorarbeit mit falschen Versprechungen Material vom Herausgeber bekommen. Anstatt versprochene Unterlagen im Austausch zu schicken, verlangte Bouchet sogar noch einen Happen Geld fuer eine fotokopierte Fruehversion seines Manuskripts, das zu diesem Zeitpunkt noch wie Pro-pagandamaterial des "Caliphats" wirkte" (Chapitre 18, Note 421). Le "Caliphat" est une des structures de l'OTO.

(18) Crowley fut lui-même lié aux services d’espionnage britannique et allemand (et soupçonné d’être un agent double) entre 1914 et 1918.

(19) TF1 consacra en 1998 à cette mouvance un reportage au titre évocateur : "Les Templiers de l’OTAN "…

(20) Bouchet est notamment l’inspirateur de la revue "Napalm Rock", où se mêlent musique, satanisme et politique et qui fut mise en cause à plusieurs reprise dans le cadre de profanations de cimetières.

"Les profanateurs sont d'extrême droite" titre L'EXPRESS du 18 juillet 1996 qui ajoute, citant nomément "Napalm Rock", que "Depuis la violation d'une tombe par quatre adolescents, au début de juin, L'Express a découvert des éléments troublants où se mêlent paganisme macabre et apologie de la race aryenne. Le tout sur fond de black metal, le hard rock le plus dur".

(21) Dans "Nantes ou Les Charmes Secrets de La Belle Ligérienne", diffusé sur le Net, Philippe Marlin, en juillet 1996, donnait avec une ironie mordante d'intéressantes précisions sur les activités "extrapolitiques" de Bouchet : "A quelques kilomètres de Nantes, Château-Thébaud, en plein cœur du pays du muscadet. Mais il n’y a pas que des vignerons dans cette riante contrée....... Château-Thébaud est en effet de siège des sombres Editions du Chaos, dirigée par le sulfureux Christian Bouchet (...) Christian consacre toutes ses énergies (ou presque !) à la diffusion de l’œuvre de son Maître, Aleister Crowley, dit la Grande Bête. Un magicien légendaire du début du siècle, qui défraya la chronique par une vie pour le moins agitée. Les Editions du Chaos publient le zine Thélèma et de nombreuses plaquettes reprenant les écrits de 666. Christian a de surcroît consacré une thèse à son auteur favori qui a le mérite d’analyser de façon exhaustive les différents aspects de son œuvre. Mais Christian n’est pas un simple occultiste. Il est également versé dans la chose politique, se définissant tantôt comme un agitateur, tantôt comme un subversif. Pour moi, c’est indiscutablement un ésoterroriste ! (...) Le cocktail extrémisme politique et occultisme noir flirte volontiers avec le paganisme et les rites de magie sexuelle. Christian a d’ailleurs eu droit à un article dans l’Evénement du Jeudi mettant en exergue ses activités pour le moins dérangeantes ! ".

(22) Michaël Kuhnen, décédé en 1991, leader néonazi et chef de l’OTO, est le théoricien des pédo-nazis, où se mêlent apologie des SA de Röhm, homosexualité et sadisme. Caignet, leader de l’ "Europaïsche Bewegung" en France et lui aussi grand-maître d’une branche française de l’OTO, a été condamné dans plusieurs affaires retentissantes de pédophilie. Il en a été de même pour plusieurs responsables de l’OTO allemande. La direction belge de "Synergie" collaborait à la presse de Caignet qui éditait la revue "PALESTRE", sous-titrée "les chemins du saint-ordre mâle" et y traduisait des textes de Hans Bühler de tendance pédophile (cfr le n° 1).

Théoricien des confréries mâles dans les Années 20 et 30, Buhler développait des théories proches de celles de Kuhnen. Auteur de intitulé "National-socialisme et homosexualité", Kuhnen "y développait une mystique paganiste des confréries masculines germaniques", précise encore le Réseau Voltaire.

(23) Consulter : Chritophe Bourseiller, "LES FORCENES DU DESIR", Denoël, Paris, 2001. De Paris à New York en passant par la vieille Europe, aucun groupuscule, aucune tribu, n'a échappé au regard de Christophe Bourseiller. Néofétichistes, sadomasochistes extrêmes, adeptes de cultes érotiques, cyborgs, vampyres, émules du cybersexe, néoféministes, body-artistes, sexe-performeurs, échangistes, mélangistes ou polyamoureux : toutes les figures emblématiques de cette nébuleuse du sexe sont rassemblées ici dans la singularité de leurs pratiques. Auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux extrémismes politiques et religieux, Christophe Bourseiller traque ici les lieux secrets, les usages et les codes étranges de ces forcenés du désir.

(24) Alester Crowley, " Liber CCXX, le livre de la loi ", Publications 93, South Stukely, sans date, II, 25, p.28.

(25) Ibid, II, 18, p.26.

(26) Ibid, II, 21, p.27.

 


Lettre ouverte aux NR égarés dans l’extrême-droite française :

LA PLACE DES NATIONALISTES-REVOLUTIONNAIRES 
EST DANS LE FRONT ANTI-AMERICAIN !

Les attaques contre Washington et Wall-Street ne sont pas seulement un choc pour les Américains, mais elles provoquent une radicalisation sans précédent de la vie politique en Europe et singulièrement en France.

Le "parti américain", multiple et protéiforme, serre les rangs, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite. Cette unicité du parti de la Kollaboration avec l’occupant yankee rend de facto caduques les analyses sur l’extrême-droite comme élément de contestation du Système (1).

LE PARTI AMERICAIN AU SERVICE DE L'OCCUPANT YANQUEE

En 1986, la revue "CONSCIENCE EUROPEENNE" éditée par Luc MICHEL, Jean THIRIART et José CUADRADO COSTA, publiait un numéro spécial consacré aux "Orientations Nationales-Révolutionnaires" (2) et qui se voulait le "Que faire ?" des NR. Luc MICHEL y développait une thèse fondamentale : "les NR n’appartiennent pas idéologiquement à l’extrême-droite, avec laquelle ils se confondent hélas trop souvent dans le monde francophone (3). Ils doivent systématiquement rompre avec la Réaction et participer à la constitution d’un Front unitaire anti-système".

Cette thèse amènera les NR de Wallonie et de Bruxelles à participer à la fondation du PCN en 1984, avec l’appui de Jean THIRIART, et sous la direction de Luc MICHEL.

Ce texte fondateur du renouveau du Nationalisme-Révolutionnaire servira de référence idéologique de base à de nombreux mouvements NR au début des années 90, notamment "Nouvelle Résistance" en France et "Alternativa Europa" en Espagne.

Deux décennies plus tard, l’analyse de Luc MICHEL reste pleinement d’actualité. L’extrême-droite française s’est rangée comme un seul homme derrière les Etats-Unis.

LE PEN, se souvenant sans doute de l’époque où il se voulait le "reagan français" et où le FN courtisait le Parti républicain, déclare que "les offensives terroristes qui viennent de frapper les Etats-Unis d'Amérique montrent que cette technique de guerre est aujourd'hui l'une des principales menaces pour la paix et la sécurité internationale. Ce drame d'une dimension exceptionnelle démontre la nécessité de mettre le terrorisme hors la loi et de ne jamais accepter que celui-ci puisse servir de moyen ou d'argument à l'appui de quelque thèse que ce soit. Le Front National présente au Président Bush ses très sincères condoléances pour les victimes de ces crimes" (4).

Bruno Mégret, président du Mouvement national républicain, "consterné par les effroyables attentats qui viennent de frapper le peuple américain assure celui-ci de sa sympathie dans l’épreuve qu’il traverse" (5).

Dans une époque triviale, alors que les frappes américaines sont lointaines, en Irak ou ailleurs, il est facile de faire des déclarations anti-américaines de façade.

Face à la crise tragique ouverte par les attaques qui ont frappé les Etats-Unis en plein cœur, la véritable nature des solidarités politiques fondamentales se révèle. Les frères-ennemis de l’extrême-droite française soutiennent Washington et constituent bien l’aile droite du parti américain en France.

LA POSITION DES NR ANTI-AMERICAINE IMPLIQUE
L'ECHEC DE L'ENTRISME AU MNR PRO-AMERICAIN

Au sein des Nationalistes-Révolutionnaires, ou de ceux qui se veulent ou se prétendent NR, on a fait un choix inverse, qui va dans le sens des sentiments de la base.

"Unité Radicale", qui regroupe les "NR" égarés à droite, et où l’on sait recopier les classiques, publiait un communiqué largement inspiré de celui publié par le PCN dès le 11 septembre et reprenant timidement nos thèses (6), malgré un vocabulaire politiquement correct repris des thèses "anti-terroristes" des media du Système.

Les thèses anti-américaines reprises par "Unité Radicales" vont ainsi directement à l’encontre de celles prônées par le MNR de Mégret, qui sympathise avec le peuple américain.

Le choc du 11 septembre n’a donc pas seulement abattu les tours jumelles du World Trade Center, il a aussi irrémédiablement ébranlé la stratégie prônée par le quarteron de gourous autoproclamés qui a conduit "Unité Radicale" au sein du marais nauséabond de l’extrême-droite.

Car cette stratégie réside entièrement dans l’entrisme au sein du MNR. Comment ces gourous vont-ils concilier leurs thèses anti-américaines et le travail avec les hommes de Mégret, l’homme qui sympathise avec les Américains ? Et il ne s’agira pas d’un thème secondaire alors que les Etats-Unis de Bush s’engagent dans une "croisade" à long terme.

"Unité Radicale" est dans une impasse, définitive, sans issue, coincée entre une base largement anti-américaine (il suffit d’aller sur le forum de son site pour en être convaincu) et un entrisme inconciliable à l’heure des choix décisifs.

Car le problème du quarteron de gourous en cause va être les réactions de la base d’ "Unité Radicale" et les contradictions entre l’entrisme réactionnaire de la direction d’UR et les positions idéologiques de ses militants.

THIRIART OU MEGRET ?

Le choix va se résumer à deux noms : THIRIART (7) ou Mégret !

Car Jean THIRIART est aujourd’hui la référence majeure à UR. Il suffit de lire "Les nouveaux nationalistes", le livre collectif où s’expriment ses cadres, pour s’en persuader (8).

Et justement THIRIART est depuis les années 60 le prophète de l’anti-américanisme moderne. Un anti-américanisme radical, total, engagé.

Que dit THIRIART ? Qu’il faut expulser militairement les Etats-Unis d’Europe (9) et des quatre continents, qu’il faut les frapper ici et chez eux. Sans pitié et sans concession. Y compris à l'heure venue dans le cadre d'une "action militaire insurrectionnelle et libératrice".

On est à l’opposé de la "sympathie" de Mégret ou des "condoléances" de Le Pen ! Les militants d’UR n’ont de THIRIART qu’une vision tronquée, faussée.

On leur a caché le mépris de THIRIART pour l’extrême-droite ou son rejet total, absolu, du racisme en politique : "Le crétin LE PEN vit de 11% de cons de droite. LE PEN est crétin dans le sens de ses concepts politiques. C'est la France étriquée. Cela se vend bien comme se vend la fesse, les billets de loterie, etc.", disait THIRIART (10).

En 1987, il précisait clairement son opposition à toute xénophobie et à tout racisme, visant les partisans racialistes d’une "Europe blanche" et leurs visées à court terme : "En Belgique, un groupuscule qui se veut "européen", consacre dans sa presse beaucoup de place au problème des immigrants turcs. Les auteurs font de ces immigrants des "islamiques", en ignorant que la classe dirigeante turque est athée et que Kémal ATATURK vomissait les curés de l'endroit, c'est-à-dire les mollahs. Les auteurs envisagent une Europe SANS la Turquie, ce qui serait puéril, et suicidaire. Les Dardanelles constituent un endroit stratégique de l'Europe. La Turquie est notre tête de pont pour la reconquête du Moyen-Orient, une province de la Grande-Europe. Dès lors, des campagnes de presse anti-turques sont non seulement du plus mauvais genre, mais des idioties politiques. Certes, il y a le problème des immigrants turcs dans deux communes de Bruxelles. C'est un problème social. Les auteurs de ces campagnes se révèlent être des politiciens de sous-préfecture qui se parent du titre d'"Européens" sans même savoir ce qu'est l'Europe.

L'Europe contiendra des Turcs, des Maltais, des Siciliens, des Andalous, des Kazarhs, des Tartares de Crimée (s'il en reste), des Afghans. Tout simplement parce que l'Europe ne pourrait exister viablement sans posséder et contrôler les territoires habités par ces hommes. Si ceux-ci sont indispensables à l'Europe géopolitique, ces gens le sont aussi. Ils y seront des citoyens demain. Il faut condamner avec la plus extrême sévérité toute la littérature nationaliste allemande anti-italienne ou toute la littérature nationaliste belge anti-turque. C'est là de la sentimentalité, de la xénophobie dangereuse pour l'unité politique de l'Europe. On ne construit pas une Nation, et surtout une grande Nation, avec des allergies de provinciaux". (11)

Dès 1964, à une époque où le politiquement correct n’existait pas, il rejetait les nostalgies fascistes qui sous-tendent le discours politique des gourous qui dirigent "Unité Radicale" et leurs alliés : "Je mets en garde la jeunesse contre le littérarisme d'une Europe mythologique au départ de Drieu, de Rosenberg ou de Brasillach. Que dire alors des monomanes qui exhument Gobineau ou Vacherde Lapouge ! (...) Le littérarisme pseudo-européen qui cherche à plonger les racines de l'Europe dans la mythologie fasciste rend un très mauvais service à notre cause. Le littérarisme nostalgique doit être combattu qu'il soit le fait de jeunes qui croient découvrir une révolution - qui n'était pas européenne - qu'il soit le fait d'anciens collabos qui veulent vider leur bile. Je dis au jeunes, laissez Brasillach dans votre bibliothèque et appliquer vous à noyauter les syndicats étudiants, les syndicats professionnels. Vivez dans le présent !". (12)

Et THIRIART ajoutait : "D'autre part, je dois mettre en garde de façon formelle des jeunes contre l'erreur capitale qui consisterait à confondre l'Europe unitaire national-communautaire que nous construisons avec la succession de l'Europe allemande. Je suis fréquemment effrayé par la fascination qu'exerce le romantisme d'une hypothétique Europe national-socialiste qui n'a en fait jamais existé. Nous avons connu de 1940 à 1945 une Allemagne national-socialiste, mais pas une Europe national-socialiste. Ce fut d'ailleurs toute la tragédie historique. Hitler préférait suivre les conseils de Sauckel plutôt que de l'intelligent Otto Abetz. L'Europe de Hitler de 1944 était aussi illusoire que l'Europe Atlantique de 1964 (...) Le National-socialisme a été le dernier et gigantesque phénomène du nationalisme allemand mais en aucun cas n'a été le premier phénomène de l' Europe (...) Mais de là à identifier l'Allemagne de 1942 ou la France de 1812 avec l'Europe, il y a un pas qu'il ne faut en aucun cas franchir, par respect pour la réalité". (13)

IL N'Y CONTRE LA GUERRE AMERICAINE 
IL N'Y A PAS DE PLACE POUR LA NEUTRALITE

La réaction d’ "Unité Radicale" à la "croisade" lancée par Bush, et le gang de psychopathes qui dirige le Pentagone, va elle aussi à l’encontre des thèses de THIRIART.

Que nous dit UR ?

"Le mouvement nationaliste identitaire Unité radicale appelle à la constitution d’un Comité pour la neutralité de la France et de l’Europe. Alors que les références à une éventuelle guerre sont de plus en plus nombreuses dans la bouche des dirigeants des USA et de l’OTAN, le mouvement nationaliste identitaire Unité radicale entend regrouper tous ceux qui refusent que du sang français et européen soit éventuellement versé dans une guerre où les peuples européens n’ont rien à faire" (14).

C’est là une position traditionnelle des milieux réformistes, où lâcheté et attentisme prédominent. Les dirigeants d’UR démontrent par-là qu’ils sont des petits-bourgeois franchouillards et non pas des révolutionnaires !

Ce n'est pas non plus une position originale ou NR comme le prétend "Unité Radicale". Les gourous d'UR, qui n'ont ni idéologie ni ligne politique, plagient traditionnellement les positions d'autres mouvances extrêmes, à droite ou à gauche, au gré des événements médiatiques. Ils ont ici copié mécaniquement la position peureuse adoptée dès le lendemain des attaques du 11 septembre par la gauche anti-globalisation ou les "communistes de margarine" (15) du PCF. Ils se sont mis idéologiquement à la remorque de la Sociale-démocratie faisandée et de ses valets trotskystes et réformistes ! (16)

Car aujourd’hui, il n’y a plus que deux camps : celui de l’impérialisme américano-sioniste et celui du Front mondial des peuples en lutte pour leur liberté et leur dignité.

Là aussi les gourous d’ "Unité Radicale" sont en opposition avec les thèses de Jean THIRIART, qui défendait une grande alliance quadricontinentale (17) des peuples pour vaincre les Etats-Unis et leurs alliés.

THIRIART y préconisait la chasse aux impérialistes "en meute" comme les loups. Et il ajoutait "peut importe la couleur du pelage, ce qui importe c’est de mordre !"

A la suite de THIRIART, et depuis quatre décennies, les militants communautaristes européens portent leur solidarité transnationale aux quatre coins du monde (18).

Nous avons été les premiers à dénoncer la collusion de certains islamistes avec les Etats-Unis et leur instrumentalisation par le state Department pour déstabiliser l’Europe d’aujourd’hui, la Russie et la Chine (19). Notre position est celle des états arabes révolutionnaires, comme la Libye ou l’Irak, où Washington utilise aussi un certain islamisme pour contrer Kadhafi et Saddam Hussein.

Ce qui nous a valu des accusations de "sionisme" (qui ont bien fait rire nos camarades libyens et irakiens…) de la part de ceux qui sont devenus les gourous d’ "Unité Radicale". C’était l’époque ou Christian Bouchet soutenait le FIS algérien (20) et célébrait l’égorgement de moines français en Algérie (21).

La voici aujourd’hui qui veut "éradiquer l’islamisme sur notre continent" (22). Curieuse position politique à géométrie variable !

Tout ceci pour rappeler que notre point de vue sur l’islamisme est critique.

Mais aujourd’hui, conséquence directe de l’arrogance américaine au Proche-Orient et de la brutalité sioniste en Palestine occupée, il existe des mouvements islamistes qui combattent directement l’impérialisme, avec le soutien de larges masses du monde musulman.

C’est au tour de Washington et de Tel-Aviv et de leurs alliés réactionnaires arabes de connaître la déstabilisation. L’Histoire connaît souvent de tels renversements d’alliances.

La position réaliste, la nôtre, dictée par les impératifs de la lutte révolutionnaire et anti-impérialiste, est de ne pas faire d’amalgames. L’islamisme qui combat contre l’Europe et la Russie doit être extirpé du continent. Mais l’islamisme qui frappe nos ennemis américano-sionistes est notre allié objectif.

La position correcte des militants révolutionnaires face à la "croisade" américaine, c’est :

- Pas un Euro, pas un homme pour la guerre américaine !

- Front quadricontinental avec les peuples du monde en lutte !

- Dissolution de l’OTAN !

- Libération nationale et sociale du peuple européen, de Vladivostok à Reykjavík : Yankee Go Home !

LES USA ONT DEJA PERDU LA GUERRE !

Les media de l’OTAN, CNN en tête, parlent de la "nouvelle guerre de l’Amérique". Bush de la "première guerre du XXIe siècle". C’est faux ! Ce que nous vivons, c’est le dernier acte de la guerre permanente menée par l’impérialisme américain depuis la fin du XIXe siècle contre les peuples du Monde (23). Le dernier chapitre est ouvert, il sera long et sanglant. L’épilogue se fera attendre, mais il arrivera inéluctablement.

Car les Etats-Unis ont déjà perdu la guerre !

Nous ne sommes pas de ceux qui succombent aux sirènes de la propagande des media de l’OTAN, qui nous parlent de "croisade", de "lutte mondiale contre le terrorisme", du "monde rallié aux Etats-Unis" (sic).

Mais derrière tout cela, les Etats-Unis sont seuls avec leur allié israélien et leur fidèle caniche britannique (24).

La Russie de Poutine, qui pratique la realpolitik, ne cherche qu’à obtenir les mains libres contre ses indépendantistes locaux, en Tchétchènie et ailleurs. C’est-à-dire de démanteler à ses frontières les pions américains du " grand échiquier " eurasiatique (25).

La Chine qui a aussi ses séparatistes musulmans, vise à la même chose.

Triste "alliance" pour Washington que de voir détruire vingt ans de sa politique anti-russe dans le Caucase !

Partout l’arrivée possible de l’OTAN suscite refus et levée de boucliers. A Moscou et à Pékin en premier. Au sein même de l’OTAN, on n’est guère enclin à suivre la "croisade" yankee. Passé les premiers moments d’émotion verbale, la peur de la folie destructrice des Etats-Unis va ouvrir des failles béantes au sein de l’OTAN.

Le pire pour Washington est à venir au Proche-Orient. Car les Etats-Unis veulent forcer la main aux dirigeants arabes, contre leurs opinions publiques. L’arrogance américaine ne voit pas que contraindre ses vassaux arabes et musulmans à une "croisade" anti-islamique est un suicide, et pour eux, et pour les Etats-Unis.

Les Etats-Unis, avec leur brutalité de cow-boys incultes qu’ils sont restés, n’offrent pas d’alternative. Ils disent : "où vous êtes avec nous, où vous êtes contre nous". Ils finiront seuls !

Les attaques du 11 septembre sont un tournant historique. Le prestige et la peur des Etats-Unis sont définitivement détruits pour les peuples en lutte. L’anti-américanisme vient de changer de dimension ! (26)

Dans le Front mondial anti-américain qui se constitue, il n’y a pas de place pour les "neutres", les tièdes, les lâches. Tous ceux-là, comme les lamentables anti-mondialisations, qui comme un José Bové suintent l’américanophilie (27), sont déjà dans le camp américain, celui de l’OTAN et de la guerre.

CHOISIR LA REVOLUTION OU
LA CAPITULATION DU REFORMISME

Depuis le 11 septembre, une cassure est apparue dans tous les milieux politiques radicaux, à l’extrême-gauche comme à l’extrême-droite. Deux camps se forment. Celui des Révolutionnaires et celui des réformistes (28). Une recomposition politique va s’opérer sur la question de l’anti-américanisme.

Aux Nationalistes-Révolutionnaires authentiques (les autres ne nous intéressent pas) de choisir leur camp. Celui de la Révolution, de la liberté, de la dignité et de l’honneur. Ou celui du parti américain, de Mégret et Le Pen, du MNR et du FN.

En 1996, la majorité des cadres NR de "Nouvelle Résistance" et du "Front Européen de Libération" a choisi le camp de la Révolution et a rejoint, avec ses structures, le PCN, le parti du Communautarisme européen, créé en 1984 avec l’aide de Jean THIRIART.

Déjà, ils refusaient le marais nauséabond où les faisaient stagner les Bouchet et cie.

LA NECESSITE DU PARTI

Aujourd’hui, une nouvelle génération de Militants se trouve dans la même impasse où les ont conduit les mêmes gourous. Les mêmes causes ont à nouveau conduit aux même effets. L’errance idéologique, les dérives politiques d’ "Unité Radicale" sont le résultat de l’absence d’une structure de parti et d’une ligne doctrinale structurée.

Les idées d’ "Unité Radicale" sont un cocktail étrange et antithétique où se mêlent les idées de THIRIART, une phraséologie pseudo-révolutionnaire, les vieilles idées de l’extrême-droite raciste. Le tout saupoudré des mensonges de la "propagande noire" des sectes auxquelles appartiennent certains des gourous d’UR.

C’est suffisant pour faire quelques coups médiatiques. Mais bien court pour bâtir une organisation qui dure. A part le choix du PCN, que font régulièrement des militants NR français depuis 15 ans, c’est l’errance politique, la valse des groupuscules (GNR, MNR – celui de 1982 –, Troisième Voie, Nouvelle Résistance, Unité Radicale, en passant par des dizaines de cercles, le tout en 20 ans ...) en éternelle recréation. Et au bout du compte les militants sacrifiés, prostitués comme harkis à la réaction d’extrême-droite, dégoûtés. Génération après génération. Pour les petites ambitions sordides de gourous qui recherchent places, prébendes et reconnaissances sociales. Et pour le plus grand profit du système et de ses polices politiques qui encouragent cette perpétuelle recomposition.

Là aussi, c’est oublier l’enseignement de THIRIART.

Car la pensée de THIRIART est une praxis, c’est-à-dire une doctrine, le Communautarisme européen (29), appliquée par une organisation (le Parti historique, transnational, unitaire et intégré), un parti révolutionnaire au sens léniniste du terme (30).

Notre Organisation fêtera l’année prochaine ses 40 ans. Elle s’est appelée "Jeune Europe" puis "Parti Communautaire Européen", a survécu dans les années 70 sous la forme d’un Réseau informel. A repris forme politique en 1984 avec le PCN. Depuis 40 ans, c’est la même doctrine communautariste, la même organisation, les mêmes engagements. Seul le Parti apporte cette permanence, cette durée. Car le Parti est un organisme collectif, un organisateur collectif. Le Parti pense, guide, unifie. Les militants passent, la doctrine reste, le combat continue !

Aujourd’hui, la place des véritables NR est plus que jamais au PCN, dans le Front anti-américain.

Génération THIRIART ? Ta place est dans le Parti de la Révolution européenne !

Signataires :

- Bruno GAYOT, membre du Comité Central du PCN (ancien cadre des GNR, fondateur du "Mouvement Nationaliste Révolutionnaire", membre du bureau politique de "Troisième Voie" puis de "Nouvelle Résistance").

- Fabrice BEAUR, membre du bureau Politique du PCN (président de "Nouvelle Résistance").

- Jean-Pierre VANDERSMISSEN, membre du Bureau Politique du PCN, porte-parole du Courant NR du PCN (ancien cadre de "Jeune Europe").

- Laurent BAUDOUX, membre du Bureau Politique du PCN, président du FEL/"Front Européen de Libération" depuis 1993 (ancien membre du Bureau Politique de "Nouvelle Résistance").

- Jacques COMPTERE, membre du Comité central du PCN, porte-parole du Courant National-bolchevique du PCN.

NOTES

(1) Il en va de même à l’extrême-gauche ou des anti-mondialisations, qui jouent à gauche de l’échiquier politique le même rôle de récupération.

(2) Luc MICHEL, "Orientations Nationales-Révolutionnaires", 2eme édition, n° spécial de "Conscience Européenne", Charleroi, 1986 (1ère édition en brochure en 1983).

(3) Les NR allemands des années 70-80 ont eux rejoint la gauche pacifiste et alternative allemande et inspiré un courant radical "national-neutraliste" et anti-impérialiste au sein des "Grünen" radicaux d’alors. C’était bien avant que les Verts allemands ne virent au kaki…

Luc MICHEL resitue ainsi idéologiquement les NR à leur place véritable : "Le Nationalisme-révolutionnaire est clairement daté, il naît dans l’Allemagne du début des Années ‘20 au sein de la mouvance communiste allemande et non pas dans les milieux d’extrême-droite. Le premier qui utilisa le terme de " Nationalisme-révolutionnaire " fut LAUFENBERG en 1919, le leader du Conseil des Ouvriers, Marins et Soldats d’Hambourg et l’un des pères fondateurs du national-communisme. Le terme sera repris par la suite dans les publications de l’Internationale communiste et dans plusieurs livres de LENINE ou de TROTSKY et il fut largement utilisé lors du " Congrès des Peuples opprimés " à Bakou organisé par les Bolcheviques en 1922. Il fut ensuite repris, en compagnie du terme " néonationalisme ", par la mouvance des frères JÜNGER, qui élaborèrent une somme idéologique opposée au libéralisme et au capitalisme, mais aussi au nazisme. Loin d’être une forme du Fascisme ou encore une tentative de le réhabiliter, le Nationalisme-révolutionnaire est l’un de ses adversaires les plus radicaux et il inspirera, au travers des travaux des frères JÜNGER, le " Cercle de Kreissau " et les glorieux patriotes allemands qui, groupés derrières le comte de STAUFFENBERG (qui appartenait à la mouvance nationale révolutionnaire) tentèrent le coup d’Etat du 21 juillet 1944 à Paris, Berlin, Vienne et le payèrent de leurs vies. La récupération du terme par les idéologues foireux de l’extrême-droite, elle constitue une ignominie politique. (...) après guerre, le courant national révolutionnaire ne réapparaît pas brusquement en France, mais bien en Allemagne au sein d’un courant politique qui débouchera dans les Années 70 et 80 sur la Gauche nationale et neutraliste, puis s’intégrera dans les premiers combats des "Verts" avant leur récupération par le Régime. Dans ce cadre, leurs militants animeront la lutte contre l’installation des "Euromissiles" dans les Années ‘80 ". Les NR de Belgique francophone suivront le même chemin.

(4) Communiqué de presse de Jean-Marie Le Pen, Saint-Cloud, 11 septembre 2001.

(5) Communiqué de Bruno Mégret, "Attentats islamiste, Bruno Mégret assure le peuple américain de sa sympathie", Paris, 11 septembre 2001.

(6) Communiqué de presse, "Positions de l’organisation nationaliste et identitaire Unité Radicale sur les attentats aux Etats-Unis", Nantes, 12 septembre 2001.

(7) Jean THIRIART est le père du concept d' Europe Unitaire et un infatigable militant et doctrinaire de l'unification européenne.

De 1962 à 1969, avec l'organisation transnationale européenne JEUNE- EUROPE, présente dans 11 pays, le PARTI COMMUNAUTAIRE EUROPEEN (1965) et le mensuel LA NATION EUROPEENNE (1965-69), il anima la première tentative de création d'un parti révolutionnaire européen et définit les bases doctrinales d'une nouvelle idéologie aux dimensions européennes, le "communautarisme national-européen".

(8) "Les Nouveaux Nationalistes", Editions Déterna, 2001.

Ce livre est révélateur de la place occupée par THIRIART au sein des militants d’ "Unité Radicale". Mais aussi des mensonges et des travestissements idéologiques répandus par le quarteron dirigeant d’UR. Certains passages sont une collection sans fin de contre-vérités, où l’on réinvente l’histoire du courant NR ou encore celle de THIRIART.

Le PCN, publiera dans les prochaines semaines sous la direction de Luc MICHEL une réponse publique aux mensonges des "nouveaux nationalistes". Précisons qu’héritier de Jean THIRIART, légataire des archives de "Jeune Europe" et des archives publiques et privées de Jean THIRIART, Luc MICHEL dispose des documents pour rétablir la vérité.

(9) THIRIART est aussi en 1967, le théoricien des "Brigades Européennes", c’est-à-dire de la création d’une force militaire européenne révolutionnaire, combattant aux côtés des Arabes contre Tel-Aviv et les Etats-Unis, avant de revenir en Europe y porter le combat.

La revue "Conscience Européenne", sous la plume de Luc Michel, dans un étude historique intitulé "De Jeune-Europe aux Brigades Rouges", publiée en 1985, livra une étude exhaustive du concept des "Brigades Européennes" théorisé par THIRIART : "...la lutte armée dans le cadre d'une insurrection anti-américaine en Europe est une hypothèse sérieusement envisagée par THIRIART. Dés lors celui-ci va rechercher les moyens de doter "Jeune Europe" d'un appareil politico-militaire et de trouver un terrain où l'entraîner et le former. C'est dans cette optique qu'intervient le projet de création de "BRIGADES EUROPEENES" au départ de l'organisation et encadrées par elle(...) Il s'agit donc de créer une force politico-militaire européenne, développée suivant le modèle des "BRIGADES INTERNATIONALES", mise sur pied par le KOMINTERN lors de la guerre civile espagnole (1936-39). Ces "BRIGADES EUROPEENNES" encadrées par des militants de "JEUNE-EUROPE " auraient joué le rôle de "cubains d'Europe" animant partout la lutte anti-américaine".

Dès 1967, dans "La Nation Européenne", THIRIART précisait sa pensée : "le caractère inéluctable d'un prochain affrontement militaire entre Israël et les Arabes - tout le déterminisme historique y conduit - devrait porter à encourager la création de Brigades Internationales recrutées ici même, en Europe, et destinées à former des divisions de type hautement mécanisé, hautement spécialisées, à utiliser pour la rupture. Je l'ai dit plus haut: la guerre de libération de Palestine nous intéresse au plus haut degré car c'est une guerre anti-américaine. Les nationalistes pan-européens doivent former des cadres, les éprouver, les décanter. Une participation militaire à l'action de libération de la Palestine constituerait à la fois pour les arabes un apport matériel et moral et pour nous l'occasion de la mise sur pied d'une formation armée d'intervention qui pourra certes resservir après la campagne de Palestine, sur d'autres théâtres".

Roger COUDROY, le premier européen tombé les armes à la main dans les rangs du Fatah en 1968, était membre du "Parti Communautaire Européen" de THIRIART (consulter : jeuro.htm).

(10) Jean THIRIART, circulaire interne, 5 janvier 1985.

(11) Jean THIRIART, "La Turquie, la Méditerranée et l’Europe", "Conscience européenne", n°18, juillet 1987.

(12) et (13) Jean THIRIART, "Jeune Europe", hebdomadaire, n°176, 27 mars 1964. Il y précisait encore : "Il existe hélas toute une faune intellectuelle qui croit lutter pour l'Europe en ressassant toute une collection de souvenirs littéraires du Fascisme ou du National-socialisme. J'assiste avec agacement à l'engouement de certains jeunes pour les formes littéraires du Fascisme d'hier. Le talent n'a rien de commun avec les qualités exigées par des révolutionnaires. Drieu la Rochelle, Montherlant (celui de juin 1940.), Brasillach n'ont rien de commun avec l'espèce révolutionnaire. Si le National-socialisme avait triomphé, ils n'eussent jamais été des hommes de réalisation et de commandement, pas plus qu'ils n'avaient été des hommes de combat au cours de l'époque 1930-1945. Hitler vainqueur, Drieu aurait fini professeur à l'Université d'Europe, Brasillach membre de l'Académie et Montherlant Lauréat du Prix Rosenberg. C'est rendre un très mauvais service à la jeunesse politique que de lui donner pour modèles des littéraires, c'est-à-dire des velléitaires par définition".

(14) et (22) Communiqué d’ "Unité Radicale", 14 septembre 2001.

(15) Le maréchal STALINE, qui n'aimait les ersatz ni en cuisine ni en politique, appelait "communistes de margarine" les Français du PCF et les Italiens du PCI d'après 1945, qui étaient selon lui au Bolchevisme ce que la margarine est au bon beurre.

(16) C'est exactement la position des petits-bourgeois réformistes des milieux anti-globalisations, qui se traînent derrière la sociale-démocratie et ses alliés trotskystes et anarchistes.

"Les anti-mondialisation manifestent contre le terrorisme et la guerre à Rome et Milan", écrivait l'AFP ce 20 septembre 2001, précisant que "Plusieurs milliers de militants anti-mondialisation ont manifesté jeudi en fin d’après-midi sans incidents à Rome et à Milan pour dire "non au terrorisme" et "non à la guerre" à la suite des attentats commis le 11 septembre aux Etats-Unis (...) A Rome, les manifestants du Roma social forum, de Refondation communiste, de la mouvance libertaire et de l’extrême gauche, ont défilé pendant plus de deux heures dans le centre historique de la capitale au son notamment de tambours africains (...) Au cours des nombreuses prises de paroles qui ont marqué la fin de la manifestation, les intervenants ont condamné aussi bien le terrorisme que les régimes tyranniques et obscurantistes".

(17) Cette problématique de l'unité des peuples face à l'impérialisme n'est pas nouvelle. En 1967, à La Havane, Castro lançait en compagnie de la Chine de Mao Zedong et contre l'avis de Moscou la "tricontinentale". Cette fameuse "Tricontinentale" dont on rêvait à Hanoi où à la Havane vers 1967, a échoué. Elle n'a pas eu et n'aura jamais la force de venir à bout de la puissance américaine, même si hier la victoire du peuple vietnamien a permis de contester celle-ci. Dès 1967, Thiriart lançait l'idée de la "Quadricontinentale".

Aujourd'hui plus que jamais, il faut une alliance quadricontinentale contre l'impérialisme. La seule Europe occidentale détient aujourd'hui, comme il y trois décennies, des moyens de puissances cinquante fois supérieurs à la "tricontinentale" (Asie/Afrique/Amérique latine). L'erreur commise hier à Cuba, à Alger, ou à Hanoi, a été de n'avoir voulu introduire la révolution que dans les pays pauvres, de ne pas avoir vu qu'il fallait introduire l'action révolutionnaire dans la colonie la plus riche des Etats-Unis, l'Europe. Le dogmatisme qui inspirait hier les capitales anti-américaines au nom d'une solution idéale les a conduit à l'immobilisme.

La puissance industrielle américaine, renforcée de la puissance industrielle européenne, fait de celle-ci une super-puissance mondiale. C'est cette alliance des deux industries mondiales les plus avancées qui a contraint à la capitulation complète, économique et militaire, une URSS débile et asphyxiée. L'URSS est aujourd'hui disparue, le mythe communiste est usé, l'URSS a été battue à plat de couture sur le terrain de l'économie pure par le néo-capitalisme américain renforcé de sa colonie européenne.

La victoire finale contre les USA ne pourra être remportée qu’en Europe. Le rôle de l'Europe dans la lutte contre les Etats-Unis est le rôle primordial, le rôle capital. Pour déséquilibrer le colosse américain, il faut lui faire perdre son terrain d'action européen. Au nom de la géopolitique, de la géostratégie et de la géo-économie, indissolublement liées, Brzenzinski ne nous dit pas autre chose. Le sort de la superpuissance yankee se joue ici en europe. Et l'unité entre l'Europe et la Russie est le péril qui lui donne le plus d'angoisses.

Les peuples opprimés par le "Nouvel Ordre Mondial", que se soit, en Afrique, en Asie, en Palestine, en Amérique ou en Europe doivent s'unir pour former un Front uni contre l'impérialisme américain.

L'Europe occidentale est le second poumon de l'impérialisme américain, sa meilleure colonie, sa réserve d'hommes, de matériels industriels et militaires. Aujourd'hui, si l'on retranchait l'Europe de l'Ouest de l'empire néo-carthaginois américain, celui-ci perdrait plus de la moitié de sa puissance, car de facto l'Union européenne est la première puissance économique mondiale. C'est en Europe que devra être porté le coup décisif qui abattra la nouvelle Carthage américaine !

Consulter : Luc MICHEL , "Front quadricontinental contre l'impérialisme !", Intervention à la Tribune du Symposium

inernational sur la Globalisation, Tripoli, Libye, Avril 1997, et "Actualité du Front quadricontinental", sepembre 2001.

(18) Nous avons soutenu dès les années 60, CHE GUEVARRA et la Révolution de Castro (qui s’est exprimé dans les colonnes de "La Nation Européenne"), l’OLP et le Fatah dès le début, y compris militairement, l’Irak baasiste dès 1968. Péron et Nasser ont soutenu THIRIART. Et aujourd’hui de Belgrade à Tripoli, de Moscou à Bagdad, à cuba et à Pristina, en Palestine ou au Pérou, nos militants sont connus et appréciés pour leur soutien concret.

(19) Dans le n° 4/5 de la revue NATION-EUROPE (février 1996), nous consacrions un long dossier à l'instrumentalisation d'un certain islamisme par les USA. Nos thèses, violemment critiquées par Bouchet et ses amis, qui nous ont taxé de "sionisme" (sic), furent reprisent à droite par Alexandre Del Valle (dont le premier livre compile notre dossier) et à gauche. En février 1998, dans une interview à l'agence JANA, le colonel Kadhafi devait nous donner raison.

(20) Consulter par exemple le n° 20 de "Lutte du Peuple", dont Bouchet est encore alors le directeur de publication. On y trouve un article intitulé "Exigeons la libération de Roger-Didier Guyan", emprisonné en Algérie parce "qu'il convoyait une aide matérielle à destination des militants du Front Islamique du Salut". Un second article du même n° 20, intitulé "Islamisme et Nationalisme révolutionnaire", précise que "les musulmans peuvent être des alliés précieux dans notre combat".

(21) "Lutte du Peuple Hebdo", dont Bouchet est encore pour quelques semaines le directeur de publication, publie le 27 mai 1996 un article intitulé "7 de moins !", où la vulgarité le dispute à l'immonde, et où est commenté l'assassinat de sept moines français en Algérie. On y lit ce qui suit : "Il parait que le corps humain contient plusieurs respectables litres de sang. Et un moine ? Combien de litres de foutre croupi, de pus fossilisé et d'humeurs rances ? As-t-on une seconde pensé au sale boulot qu'a du entreprendre l'égorgeur du GIA ? (...) Ah les disciples d'Allah qui font à autrui ce que ces truies ont fait aux Saxons de Verden ... Ah les sympathiques primitifs qui coupent au couteau ébréché la peau délicate des gorges offertes ... "

(23) Luc MICHEL, "THEORIES DE L'IMPERIALISME AMERICAIN : LA REPONSE DES PEUPLES"., juillet 2001 (A consulter sur : http://www.pcn-ncp.com/youthcamp2001fr.htm).

(24) L'Angleterre est depuis toujours un porte-avion américain et le cheval de Troie de Washington au coeur de l'Europe. Le Général de Gaulle, comme Thiriart, était partisan, avec justesse, de lui refuser l'entrée dans la Communauté européenne.

(25) Un des grands théoriciens de l'impérialisme américain au XXIeme siècle est Zbigniew Brzezinski dont le domaine est la géostratégie et la géopolitique et qui publie "The Grand Chessboard" en 1997, titré "Le grand échiquier. L'Amérique et le reste du monde" pour son édition française. Disciple de Henry Kissinger et adepte de la "real politique" comme lui, Brzezinski, d'origine polonaise, est expert au Center for Strategic and International Studies (Washington DC) et professeur à l'Université Johns Hopkins de Baltimore. Il fut conseiller du président des Etats-Unis de 1977 à 1981. La réflexion de Brzezinski est centrée sur les conditions géopolitiques de la puissance américaine et de son contrôle sur l'Eurasie, le "grand échiquier" où Washington doit éliminer tout rival potentiel ou réel.

Consulter : Luc MICHEL, "THEORIES DE L'IMPERIALISME AMERICAIN : LA REPONSE DES PEUPLES".

(26) et (28) Luc MICHEL, "Réformisme ou Révolution : QUEL ANTI-AMÉRICANISME APRÈS LES ATTAQUES ANT-IMPÉRIALISTES CONTRE WASHINGTON ET NEW-YORK ?", 13 septembre 2001 (à consulter sur : http://www.pcn-ncp.com/flash07.htm#us7)

(27) Le 13 septembre 2001, Bové déclarait à l'AFP : "Je me sens solidaire du peuple américain, c'est la plus grande bêtise que de dire que les Etats-Unis, que le peuple américain est un adversaire (...) Quand nous contestons la logique néo-libérale, nous ne contestons pas les Etats-Unis, mais plutôt une idéologie où le politique ne décide plus". Le 17 septembre, il précisait au "Monde" ce qui suit : "Je suis américanophile. On le sait, j'ai vécu trois ans aux Etats-Unis. L'américain est ma deuxième langue maternelle. Une partie de ma famille y a émigré."

(29) Il ne faut pas confondre les Communautaristes européens avec les Communautariens, idéologie réactionnaire, venue des USA et vulgarisée par La "Nouvelle Droite" d'Alain de Benoist.

La doctrine du Communautarisme européen, révolutionnaire et transnationale (La communauté est ici un Empire basé sur la géopolitique), a été esquissée dès 1962 par Thiriart. Les Communautariens, qui lui sont totalement étrangers, sont apparus au début des Années 90 et prônent un repli égoïste sur des communautés ethniques (d'où le succès journalistique du terme).

(30) Cfr. Le livre de Luc MICHEL, "LE PARTI HISTORIQUE REVOLUTIONNAIRE", Editions Machiavel, Charleroi, 1985.

Consulter : Thierry Mudry, "Luc Michel et le Parti historique révolutionnaire" (sur : http://www.pcn-ncp.com/sindex.htm).

 


 

Les NR et la guerre FN-MNR.

NI CESAR, NI BRUTUS :
POUR UNE ALTERNATIVE AU SYSTEME !

Notre point de vue est évidemment extérieur à un pseudo "mouvement national" dont nous ne ces-sons de dénoncer depuis près de deux décennies la structuration purement artificielle et conjoncturelle et que nous combattons sans merci. Nous pensons en effet que Nationaux-révolutionnaires, Nationalistes radicaux et Nationaux-bolcheviques n’appartiennent nullement à une soi-disant "famille nationaliste", où ils côtoieraient leurs adversaires de toujours: les droites réactionnaires et bourgeoises.

La crise actuelle du "Front National" nous intéresse en ce seul sens, en ce qu’elle démontre la faillite de ce regroupement contre-nature et ouvre de nouvelles perspectives pour la constitution d’un nouveau front politique. Et l’effondrement inéluctable du – ou des – FN, après l’éclatement du mythe unitaire, nous intéresse encore plus par la libération qu’il annonce d’un vaste espace politique anti-Système, aujourd’hui canalisé par le FN.

Ce nouveau Front, nous le voyons unitaire contre le Système et son hégémon impérialiste américain, alliant Nationaux-révolutionnaires, Nationalistes radicaux, Communistes, Ecologistes et Socialistes radicaux, ce que nous avons théorisé sous le vocable expressif de "Front Noir-rouge-vert". Ce Front qui seul est à même de faire imploser le Système et conjuguant les deux thématiques protestataires de la question nationale et de la question sociale est aujourd’hui déjà une réalité en Russie, où l’Opposition nationale-patriotique s’est cristallisée autour du PCFR de Guenadi ZOUGANOV, constituant la première force politique du Pays. Ce Front est déjà au pouvoir en Yougoslavie où Socialistes, Nationaux-communistes (nos camarades de la JUL, la Gauche unie yougoslave) et Nationalistes radicaux constituent la majorité parlementaire.

L’actuelle implosion du FN, que nous avons annoncée depuis longtemps, dévoile la triste réalité d’un mouvement que nous n’avons cessé de condamner et de combattre depuis des années, parce que nous y voyons une imposture au service du Système. D’un côté, un chef despote usé et dépassé, entouré d’une cour faisandée nostalgique de toutes les mauvaises guerres passées. De l’autre une camarilla d’arrivistes en chasse de prébendes électorales et ministérielles, adeptes d’un libéralisme absolu. D’un côté du Travail pour la Famille au nom de la Patrie. De l’autre la course aux privilèges au nom d’une idéologie inique sanctifiant les pires inégalités. La réalité du FN, enfin dévoilé grâce à la guerre entre lepeniste et mégretiste, montre en pleine lumière le vrai visage du FN : guerres de clans, opportunisme, arrivisme, intégration dans le Système, intégration à droite. Loin d’être une alternative, le Front National est un parti comme les autres !

Nous posons la question aux militants radicaux encore égarés au FN : Est-ce cela votre idéal ? Voulez-vous encore perdre votre temps dans ce "mouvement national" où personne ne veut d’un "pôle radical ou NR", où vos idées sont rejetées ? Etes-vous juste bon à fournir des colleurs d’affiches ? A rester éternellement les mercenaires méprisés d’un combat qui n’est pas le vôtre ?

Non, l’idéal National-révolutionnaire, ce n’est pas cela ! Assez des mensonges, des trahisons et des escroqueries politiques ! Assez des petits chefaillons sans scrupules qui utilisent les militants radicaux pour s’en servir comme monnaie d’échange contre une hypothétique place ! Assez de ceux qui jouent aux révolutionnaires et aux radicaux mais se disent prêt à intégrer "La Droite" ultra-libérale. Où est "l’Unité radicale contre le Système" dans tout cela ? Les masquent tombent aujourd’hui. La réalité est sans fard. La décomposition idéologique alliée à l’arrivisme alimentaire conduit implacablement à l’impasse ! Le Nationalisme-révolutionnaire européen auquel certains jeunes militants NR prétendent se rattacher n’a rien a voir avec ce marais. Il est grand temps d’ouvrir les yeux sur la réalité du "Mouvement National".

Le Nationalisme-révolutionnaire européen repose sur une communauté de destin politique menant les peuples vers un avenir radieux. Parce que l’Europe est aujourd’hui la seule solution à la crise économique et sociale que nous connaissons, parce que face aux Etats-Unis seule l’Unité nationale-européenne nous permettra de parler d’une voix forte et assurée. L’Europe que nous voulons n’est pas celle de l’Union européenne actuelle, l’Europe des banques et des parlements, c’est l’Europe unitaire et communautaire organisée autour d’une citoyenneté européenne et de la nationalité européenne. L’Europe que nous voulons, ce n’est pas non plus l’Europe pour quelques fonctionnaires ou quelques grands groupes industriels ou financiers, c’est une Europe sociale, une Europe populaire, l’Europe de tous les européens. Etre national-révolutionnaire aujourd’hui c’est être forcement pour la Grande Europe. S’accrocher à sa petite nation, c’est être réactionnaire mais assurément pas un militant politique révolutionnaire.

Au FN, dans ses deux scissions, l’on fait croire à un problème identitaire. Il existe mais il n’est pas celui qui est annoncé. Qui menace l’identité de nos peuples ? L’arrivée non-régulée d’immigrés en détresse ou le rouleau compresseur américain ? L’identité européenne ne sera défendue qu’en bâtissant l’Etat puissant qui résistera à l’impérialisme yankee. Les immigrés sont comme tous les travailleurs les victimes du Système. Mettre fin à l’esclavage moderne, c’est détruire le Système capitaliste auquel se rattachent les deux rivaux du FN implosé.

Cela implique un "Communautarisme européen". Pourquoi ? Par-ce que nous pensons qu’au niveau européen la communauté des peuples d’Europe doit conduire à l’unification de ceux-ci, parce qu’elle doit être défendue et amplifié. Parce que nous pensons aussi que la communauté nationale et populaire, est le cadre dans lequel doivent s’épanouir les solidarités indispensables pour faire face aux défis qui se posent à nous et pour répondre à la faillite généralisée du Système. Face à l’égoïsme, face au repli sur soi des nantis, nous prônons des valeurs communautaires d’entraide, de solidarité et de fraternité.

Etre révolutionnaire, c’est rejeter les idées et les hommes du passé. Faire de la politique, c’est défendre un idéal, c’est défendre le peuple. Pas chercher des places et des prébendes ! Face à la faillite générale, politique, économique, et surtout morale du Système, il faut proposer un espoir pour les masses populaires et demain une alternative qui leur permettra à nouveau de croire dans l’avenir.

Ce combat est bien loin des querelles stériles des "Brutus" et des "Césars" en carton pâte du  "mouvement national". Cet idéal est à l’opposé de cette querelle de chiffonniers autour des comptes bancaires et des subventions que se disputent les apparatchiks du FN, comme LE PEN, qui s’y connaît en prébendes particratiques, lui l’un des derniers politiciens français qui soit encore issu du sérail parlementaire de la IVe République, les nomme. Cet engagement n’a aucun rapport avec la défense des intérêts du milliardaire de Saint-Cloud et de son clan familial, ou celle de quelques énarques ambitieux.

"Finita la Comedia !" Les militants radicaux n’ont pas aujourd’hui à choisir entre "Brutus" et "César". Ils doivent choisir entre le camps de la Révolution et celui du Système. Le second abrite depuis longtemps aussi bien les bourgeois de la Jet Set cosmopolite que les hauts fonctionnaires ultra-libéraux qui se disputent les lambeaux du FN. Le premier est au service exclusif du Peuple et de la Nation européenne. En ce sens la crise du "Front National", qui révèle la faillite inéluctable d’une stratégie, n’est pas pour nous une tragédie ou une impasse mais l’annonce d’un immense espoir.

Luc MICHEL

(Nation-Europe Hebdo, n° 2, juin 1999)

 

Renvois :

"Héros de la lutte contre les pouvoirs établis, Le Pen pourrait un jour se retrouver à son tour confronté au vote protestataire, le Front national étant rentré dans le rang comme tout autre parti. Il ne faut pas sous-estimer l’instinct de survie du dirigeant du FN, ses capacités de résistance et ses talents d’orateur, ni nourrir des espoirs inconsidérés sur une mutation, profonde de l’homme politique lui-même. Mais on peut parier qu’à chaque élection d’un de ses fidèles à un fauteuil de maire ou autre le ton du Front national baissera d’un cran. C’est alors que les partis traditionnels devraient – peut-être – avoir quelque raison de se faire du souci" (THE WALL STREET JOURNAL, New-York, 18 juin 1995)

"Faites de la cause de la Nation la cause du peuple et la cause du peuple sera celle de la Nation" (V.I. LENINE)".

"Imaginons un laboratoire. Dans ce laboratoire, une soupe primitive. Dans cette soupe primitive, un big-bang. Et à l'intérieur de ce big-bang, toute une chaîne de réactions chimiques d'une violence extraordinaire. Des molécules qui se défont... Des molécules qui se refont... Un formidable processus, oui, de fission, combustion, reconstitution corpusculaire au terme duquel apparaîtraient des produits de synthèse inédits... Qui, en 1920, prédisait la synthèse du "national" et du "socialisme"? Qui, avant BARRES, pouvait imaginer la rencontre, la seule rencontre, des deux mots? Eh bien, nous y sommes. L'Europe, mutatis mutandis, en est là. Elle ne régresse pas, elle invente. Elle ne rumine pas, elle improvise. Elle ne répète pas les formules anciennes : elle les brûle, les broie et, de leurs fragments brisés, puis follement réagencés, fait des précipités nouveaux,jamais répertoriés. Il y a là du nationalisme, bien sûr. Et des bouts de populisme. Et des débris d'antisémitisme. Et un peu de bon vieux communisme, moins mort qu'il n'y paraissait. Mais tout cela brassé. Passé à l'épreuve du big-bang. Avec, au cœur du tumulte, aussi formidablement improbable que le fut, en son temps, la synthèse fasciste, un monstre que la nouvelle Europe enfante sous nos yeux - quoique, pour l'heure, dans notre dos. Il n'a pas encore de nom, ce monstre. Ni de visage. L'hypothèse est, seulement, qu'il existe. Ou qu'il doit, un jour, exister."

(B.H. LEVY,"Penser l'Europe", in "LE MONDE DES DEBATS", 1993)




Luc MICHEL : 
Front quadricontinental 
contre l'impérialisme !

Décennie après décennie, chaque jour davantage se pose le problème de l’impérialisme américain et de ses manifestations bellicistes et agressives contre tous les peuples du monde. Et la prétention de Washington, qui se veut la "suprême superpuissance", de faire du XXIeme siècle le Siècle américain pose plus que jamais la question de la réponse à apporter aux prétentions planétaires de l'impérialisme yankee.

Les Etats-Unis ont l’habitude d’accuser de terrorisme leurs ennemis, la Libye, l’Irak, la Corée du Nord, particulièrement. Mais qui est le véritable Etat terroriste ? Où sont les criminels de guerre ? Les assassins de Dresde, de Hambourg, de Nagasaki et d’Hiroshima sont aussi ceux du peuple Vietnamien, où l’on continue de mourir 25 ans après la guerre à cause des défoliants et des armes chimiques qui y furent employées. Depuis sont venus les missiles de croisières, lancés notamment contre les peuples libyens, irakiens ou encore soudanais. Et le lent assassinat de 800.000 enfants en Irak, affamés par l’impérialisme.

La pratique américaine depuis cinq décennies relève des crimes de guerre et de la jurisprudence du Tribunal de Nuremberg. Les pratiques américaines, en Irak notamment, relèvent, elles, des dispositions de l’ONU contre le génocide.

Les Etats-Unis sont le premier état terroriste au monde. Ils pratiquent le terrorisme militaire direct, notamment contre la Libye, l’Irak, la Yougoslavie, les peuples d’Amérique latine ou encore hier contre le peuple Vietnamien. Ils pratiquent le terrorisme par procuration, par états fantoches interposés en Palestine ou au Kurdistan notamment. Ils pratiquent le terrorisme économique par leur politique systématique du Boycott soutenue par leurs fantoches de l’ONU et qui visent à détruire économiquement et humainement de trop nombreux peuples à la surface de la terre. Ils pratiquent enfin la guerre économique permanente dans l’empire planétaire du Dollar par la domination de l’Organisation Mondiale du Commerce et leur pratique systématique de manipulation monétaire, de dumping et d’agression. Nous européens le savons trop bien.

Il faut donc répondre aux agressions de l’impérialisme américain et opposer à la guerre que font les Etats-Unis aux peuples du monde une guerre révolutionnaire.

La problématique de la réponse à apporter à l’impérialisme américain était déjà celle de la "Conférence tricontinentale" de La Havane en 1967.

A la Havane, on échoua parce qu’on s’était trompé de dimension et qu’on voulait opposer à l’impérialisme américain une "tricontinentale" comme l’annonçait cette conférence, c’est-à-dire l’union des peuples d’Asie¸ d’Afrique et d’Amérique Latine.

Hier comme aujourd’hui, nous, Communautaristes européens, nous prônons la constitution d’un Front quadricontinental contre l’impérialisme, dont l’Europe sera partie intégrante du combat commun mené pour la liberté et la dignité de nos peuples. L’Europe, c’est aujourd’hui une colonie américaine, la plus riche de ses colonies, le second poumon militaire, économique et industriel de l’impérialisme yankee. Soustraire l’Europe à la puissance américaine, c’est déjà l’abattre.

Aujourd’hui, où l’agression américaine est surtout et principalement économique, où la géo-économie tend de plus en plus à se substituer à la géopolitique, il faut opposer aux Etats-Unis les mêmes armes, c’est-à-dire utiliser l’arme du boycott économique. Le PCN appelle au boycott systématique des positions américaines dans le monde depuis les immondices de l’anti-civilisation yankee, symbolisée par la bassesse d’Hollywood et le règne des sodas et des hamburgers, jusqu’aux productions technologiques avancées des Etats-Unis. Que l’on n’achète plus une voiture, plus une télévision, plus un frigo américain dans le monde ! Que l’on n’utilise plus un seul de leurs brevets, que l’on refuse partout d’acheter leurs livres, de regarder leurs films ,de consommer leurs produits agricoles ! Alors commencera pour les Etats-Unis le début de la fin.

En outre, au moment où la crise mondiale frappe durement les peuples du Tiers-monde et où en Europe même chaque année des millions de chômeurs s’ajoutent à la longue cohorte des laissés pour compte de la société capitaliste en faillite, cette position aura le mérite de relancer conjointement nos économies.

Dans ce front quadricontinental, le rôle de l'Europe est déterminant. Seule l’unification européenne, en opposant aux Etats-Unis un outil de puissance militaire, économique et industriel qui leur sera supérieur, conduira à la défaite planétaire de l’impérialisme. Carthago delenda est !

(Luc MICHEL - Intervention à la Tribune du Symposium international sur la Globalisation, Tripoli, Libye, Avril 1997)



 

Luc MICHEL :
Actualité du Front quadricontinental

Les attaques contre Le Pentagone et Wall-Street relanvent la problématique du combat contre l'impérialisme.

Cette problématique de l'unité des peuples face à l'impérialisme n'est pas nouvelle. En 1967, à La Havane, Castro lançait en compagnie de la Chine de Mao Zedong et contre l'avis de Moscou la "tricontinentale". Cette fameuse "Tricontinentale" dont on rêvait à Hanoi où à la Havane vers 1967, a échoué. Elle n'a pas eu et n'aura jamais la force de venir à bout de la puissance américaine, même si hier la victoire du peuple vietnamien a permis de contester celle-ci. Dès 1967, Jean Thiriart lançait dans "La Nation européenne" l'idée de la "Quadricontinentale".

Aujourd'hui plus que jamais, il faut une alliance quadricontinentale contre l'impérialisme. La seule Europe occidentale détient aujourd'hui, comme il y trois décennies, des moyens de puissances cinquante fois supérieurs à la "tricontinentale" (Asie/Afrique/Amérique latine). L'erreur commise hier à Cuba, à Alger, ou à Hanoi, a été de n'avoir voulu introduire la révolution que dans les pays pauvres, de ne pas avoir vu qu'il fallait introduire l'action révolutionnaire dans la colonie la plus riche des Etats-Unis, l'Europe. Le dogmatisme qui inspirait hier les capitales anti-américaines au nom d'une solution idéale les a conduit à l'immobilisme.

La puissance industrielle américaine, renforcée de la puissance industrielle européenne, fait de celle-ci la super-puissance mondiale. C'est cette alliance des deux industries mondiales les plus avancées qui a contraint à la capitulation complète, économique et militaire, une URSS débile et asphyxiée. L'URSS est aujourd'hui disparue, le mythe communiste est usé, l'URSS a été battue à plat de couture sur le terrain de l'économie pure par le néo-capitalisme américain renforcé de sa colonie européenne.

La victoire finale contre les USA ne pourra être remportée qu’en Europe. Le rôle de l'Europe dans la lutte contre les Etats-Unis est le rôle primordial, le rôle capital. Pour déséquilibrer le colosse américain, il faut lui faire perdre son terrain d'action européen. Au nom de la géopolitique, de la géostratégie et de la géo-économie, indissolublement liées, Zbigniew Brzenzinski ne nous dit pas autre chose dans son "grand échiquier" (1). Le sort de la superpuissance yankee se joue ici en europe. Et l'unité entre l'Europe et la Russie est le péril qui lui donne le plus d'angoisses.

Brzezinski s'inspire directement des théories de la géopolitique sur l'Eurasie pour définir les conditions de la puissance américaine au XXIeme siècle, la maintenir dans son rôle hégémonique de garants du "Nouvel Ordre Mondial" et pérenniser la sujétion de l'Europe occidentale. Pour maintenir leur leadership, qui n'est rien d'autre que la domination mondiale annoncée dès 1943 par des théoriciens américains comme Burnham (2), les USA doivent avant tout maîtriser le "grand échiquier" que représente l'Eurasie, où se joue l'avenir du monde. Cette maîtrise repose sur la sujétion de l'Europe occidentale, étroitement liée aux USA dans un ensemble politico-économique occidental, la communauté atlantique cadenassée par l'OTAN. Elle repose aussi sur l'isolement de la Russie qu'il faut affaiblir irrémédiablement et démembrer.

Le danger mortel pour les USA, puissance extra-européenne à l'origine de par sa situation même, serait d'être expulsée d'Europe occidentale, sa tête de pont en Europe. Dans cet objectif, tout rapprochement de l'Europe et de la Russie, toute union eurasienne, sans même parler de fusion comme l'évoquent les Communautaristes européens du PCN, doit être empêchée par tous les moyens.

Zbigniew Brzezinski écrit : "L'Europe est la tête de pont géostratégique fondamentale de l'Amérique. Pour l'Amérique, les enjeux géostratégiques sur le continent eurasien sont énormes. Plus précieuse encore que la relation avec l'archipel japonais, l'Alliance atlantique lui permet d'exercer une influence politique et d'avoir un poids militaire directement sur le continent. Au point où nous en sommes des relations américano-européennes, les nations européennes alliées dépendent des Etats-Unis pour leur sécurité. Si l'Europe s'élargissait, cela accroîtrait automatiquement l'influence directe des Etats-Unis. A l'inverse, si les liens transatlantiques se distendaient, c'en serait finit de la primauté de l'Amérique en Eurasie."

Les peuples opprimés par le "Nouvel Ordre Mondial", que se soit, en Afrique, en Asie, en Palestine, en Amérique ou en Europe doivent s'unir pour former un Front uni contre l'impérialisme américain.

L'Europe occidentale est le second poumon de l'impérialisme américain, sa meilleure colonie, sa réserve d'hommes, de matériels industriels et militaires. Aujourd'hui, si l'on retranchait l'Europe de l'Ouest de l'empire néo-carthaginois américain, celui-ci perdrait plus de la moitié de sa puissance, car de facto l'Union européenne est la première puissance économique mondiale. C'est en Europe que devra être porté le coup décisif qui abattra la nouvelle Carthage américaine !

Luc MICHEL (20 septembre 2001)

(1) Un des grands théoriciens de l'impérialisme américain au XXIeme siècle est Zbigniew Brzezinski dont le domaine est la géostratégie et la géopolitique et qui publie "The Grand Chessboard" en 1997, titré "Le grand échiquier. L'Amérique et le reste du monde" pour son édition française. Disciple de Henry Kissinger et adepte de la "real politique" comme lui, Brzezinski, d'origine polonaise, est expert au Center for Strategic and International Studies (Washington DC) et professeur à l'Université Johns Hopkins de Baltimore. Il fut conseiller du président des Etats-Unis de 1977 à 1981. La réflexion de Brzezinski est centrée sur les conditions géopolitiques de la puissance américaine et de son contrôle sur l'Eurasie, le "grand échiquier" où Washington doit éliminer tout rival potentiel ou réel.

(2) Le plus brutal théoricien de l'impérialisme américain est James Burnham. Peu connu en dehors des spécialistes des sciences politiques (c'est le père des néo-machiavéliens américains), c'est un ancien trotskyste reconverti dans le néo-conservatisme. Il fonde notamment la "National Review"

En 1943, il publie un livre fondamental mais passé inaperçu en Europe dont le titre anglais est "The Struggle for the World". Le titre de l'édition française (1947) est lui plus explicite encore : c'est "Pour la domination mondiale". Burnham y donne les conditions de la puissance destinée à assurer la domination planétaire des Etats-Unis.

 


 

Dix ans avec Jean THIRIART

J’ai rencontré pour la première fois Jean THIRIART, en septembre 1982. A la différence de beaucoup de jeunes militants qui souhaitaient rencontrer celui-ci, THIRIART n'était pas un inconnu pour moi lorsque je l'ai rencontré. Depuis plusieurs années, un ancien cadre de "JEUNE-EUROPE" m'avait procuré ses livres et je me servais de "LA GRANDE NATION" et de "L'EUROPE, UN EMPIRE DE 400 MILLIONS D'HOMMES" pour former tes militants des organisations politiques que j'animais à l'époque.

Les unes de l'hebdomadaire "JEUNE-EUROPE" avait également fortement marqué le graphisme de mes publications de cette époque.

A l'époque, en ce début des années 80, Jean THIRIART appartenait apparemment à l'histoire politique et au passé. L'organisation créée en 1962 connaissait une longue éclipse depuis 1969, avec la disparition du PCE.

Au travers des Années 70, années noires, l'Organisation communautariste se survivait dans l’ombre, sous la forme larvée du réseau relationnel qu'animait THIRIART, publiant circulaires confidentielles, trouvant une tribune pour ses thèses dans les publications syndicales de Thiriart, reconverti en leader syndical européen des Opticiens et optométristes, et que publiait la société de presse "La Presse européenne", également éditrice de "La Nation européenne", maintenant le contact entre un noyau de cadres.

Et lorsque j'avais commencé ma vie militante quelques années plus tard, THIRIART était devenu l'objet d'une conspiration du silence quasi absolue, alors que de nombreuses idées – hélas déformées et reprises fort partiellement - développées par l'organisation transnationale européenne formaient pourtant l'ossature doctrinale de nombreuses formations politiques de l'époque et étaient animées par des anciens cadres de "JEUNE-EUROPE".

J'eus la curiosité d'entrer en contact avec Jean THIRIART à l'occasion de la sortie d'une première édition à compte d'auteur de la thèse de Yannick SAUVEUR, présentée devant l'Université de Paris, et intitulée "JEAN THIRIART ET LE NATIONAL-COMMUNAUTARISME EUROPEEN". Yannick SAUVEUR me mis fort aimablement en contact avec Jean THIRIART et je convins donc avec lui d'un rendez-vous en ses bureaux bruxellois. Mon but était alors d'obtenir des publications doctrinales de la période de "JEUNE-EUROPE", en vue de la création d'une Ecole de cadre.

A l'époque, JEAN THIRIART avait la réputation, pas usurpée, d'un homme bourru, manquant énormément du sens des contacts humains. Je m'attendais donc, comme beaucoup, à être reçu assez rudement et fort brusquement, Jean THIRIART ne ménageant ni les critiques ni les attaques souvent fort déstabilisantes. Je fus à ma grande surprise reçu par un homme fort aimable et même charmant, comme il savait l'être parfois. Pour des raisons qui n'appartiennent pas à la politique mais à la psychologie et aux affinités personnelles, le contact passa tout de suite entre THIRIART et moi-même. A la différence de beaucoup, j'entretins avec lui une conversation fort agréable, et l'entretien du quart d'heure prévu se prolongea pendant plus de deux heures, fort tard après la fermeture de ses bureaux.

A la différence sans doute de beaucoup de jeunes militants qui approchaient THIRIART à cette époque, la sympathie fut immédiate pour des raisons multiples, au premier plan desquelles figuraient sans doute notre commun Matérialisme athée. Alors que la plupart des jeunes qui l'approchaient étaient proches de la "Nouvelle droite" et des théories du néo-paganisme, notre passion commune pour le Matérialisme (compris au sens scientifique et non marxiste vulgaire qu'a acquis ce terme), pour la libre pensée et pour le libre examen, constitua tout de suite un axe de rapprochement entre THIRIART et moi-même. A la différence également de la plupart des jeunes gens qui l'approchaient à cette époque, je n’avais aucun problème psychologique et ma vie privée était stable. Je n'étais pas un militant qui cherchait sa voie, mais déjà le responsable de plusieurs organisations politiques. J'avais alors 24 ans et derrière moi dix ans de vie militante active. Je dirigeais alors une organisation nationale-révolutionnaire, le "FRONT NATIONALISTE" (FNF) et, en ce mois de septembre 1982, j'organisais ma première campagne électorale, plein de fougue et d'illusions, dois-je le dire !

Nous nous découvrîmes également une passion commune pour deux géants de l'histoire, FREDERIC II DE HOHENSTAUFEN ("le premier Européen selon mon goût" devait dire NIETZSCHE) et STALINE.

Loin des spéculations intellectuelles et des doutes qui hantaient la plupart des interlocuteurs de Jean THIRIART, j'avais comme lui le sens d'une ligne claire politique et doctrinale et des objectifs précis. Ce fut sans doute ce qui décida de l'attitude fort amicale de THIRIART à mon égard.

Un autre point important me rapprochait de Jean THIRIART. Dès notre premier entretien, et comme il avait l'habitude de le faire avec tous ses visiteurs, il m'interrogea longuement sur mes débuts en politique. Il découvrit ainsi avec la même surprise que moi-même que nous avions eu le même départ fort jeune dans la vie militante, lui à 16 ans au sein de la "Jeune Garde Socialiste Unifiée", moi dès 14 ans dans la mouvance européenne pro-palestinienne qui soutenait le FPLP, puis dans diffèrent groupes de base nationaux-révolutionnaires. La vie politique et militante avait, à Jean THIRIART comme à moi-même, ravi notre jeunesse. A la sortie de l'enfance, la vie politique nous fit directement basculer dans le monde des adultes. A l'heure ou beaucoup sont troublés par les émois et les crises de l'adolescence, nous courrions les meetings, les manifestations, les bagarres de rue et les filles.

Nous eûmes de longues discussions à ce sujet, qui passionnait Jean THIRIART, celui de l'engagement politique précoce. Cette jeunesse ravie par la politique, cette non-adolescence, ce passage immédiat à l'âge adulte, cette maturité imposée plus que voulue, il l'avait vécue longtemps avant moi. Elle nous avait conduit à des choix politiques fort semblables, à des engagements similaires qui marquèrent notre vie.

Cela ne nous empêchait d'ailleurs pas, et c'était un grand amusement pour THIRIART, de marquer nos différences. Il adorait le petit matin, les longues ballades en forêt. J'aimais par contre la vie nocturne, et les grandes métropoles comme Paris, Londres ou Budapest. Il riait souvent de mon goût, comme il disait, pour les "grandes mégalopoles de béton et d'acier". Je soulignais son goût pour les sciences et lui rappelais que les villes de "science et de violence" étaient pourtant la marque de l'esprit prométhéen qu'il admirait tant.

Nous nous vîmes à plusieurs reprises au cours des mois qui suivirent, le but de mes visites étant d'obtenir des copies des revues et publications de "JEUNE-EUROPE", devenues introuvables, en vue d'assurer la base doctrinale, comme je l'ai précisé, d'une Ecole de cadre et également de l'organisation politique que je présidais.

THIRIART en fait disposait de vastes archives politiques, non classées, de l'organisation de "JEUNE-EUROPE", dans un grenier situé au dernier étage de ses bureaux bruxellois.

On disait Jean THIRIART, à juste titre, fort méfiant avec ses visiteurs. Pourtant il me donna directement un libre accès à ses archives, puisque je disposais de la clé des locaux où celles-ci étaient entreposées. Il mis rapidement à ma disposition dans ses bureaux bruxellois une photocopieuse et des facilités de travail. C'est ainsi que je commençai à organiser un embryon de secrétariat politique à "OPTERION", la société d'optique de THIRIART, au grand dépit d'ailleurs de ses proches qui ne souhaitaient pas le voir raccrocher à la politique active.

Nos relations devaient devenir de plus en plus étroites au cours des mois qui ont suivi. Elles devaient d'ailleurs provoquer le tournant capital de ma vie politique à cette époque, puisque ce fut suite aux conseils et à l'influence de Jean THIRIART que je devais en 1983 prendre la direction de la revue "CONSCIENCE EUROPEENNE" et ensuite, avec d'autres camarades, donner l'impulsion qui conduisit en juin 1984 au Congrès de fondation du "PARTI COMMUNAUTAIRE NATIONAL-EUROPEEN" (PCN).

Le tournant décisif fut la publication en décembre 1983 du n° 6 de la revue "CONSCIENCE EUROPEENNE". A l'origine, il s'agissait d'une petite revue méta-politique confidentielle, éditée par des étudiants et tirée à quelques centaines d'exemplaires en photocopies. Lorsque j'en pris le contrôle effectif à partir du n° 6, je transformais celle-ci en un organe de presse fort bien fait pour l'époque et tiré en offset à plusieurs milliers d'exemplaires. Le n° 6 portait une couverture provocante, écrite en langues française et russe, avec le titre "LA RUSSIE, C'EST AUSSI L'EUROPE !". A l'époque, en pleine guerre froide, au moment de la crise des "Euro-missiles" et de la résurgence d'un anti-communisme aussi primaire que stupide, une telle affirmation fit rapidement scandale. Elle étonna dans les milieux d'extrême-gauche, elle suscita de multiples débats dans ceux situés à l'extrême-droite, ainsi que dans la mouvance nationale-révolutionnaire européenne. Ce numéro provoqua également un déclic chez Jean THIRIART, l’envie du retour à une action politique ouverte, publique. Pour la première fois depuis de nombreuses années, celui-ci était nominalement cité dans une revue politique et de nombreuses références à son oeuvre et à l'actualité de celle-ci y étaient faite.

Le même numéro de la revue publiait également une nouvelle version, rédigée par mes soins, du "MANIFESTE A LA NATION-EUROPE", le texte de référence du "COMMUNAUTARlSME", dont THIRIART lui-même corrigea le manuscrit.

THIRIART devait écrire à la suite de cette publication: "Luc MICHEL EST LE PREMIER A OSER PARLER DE MOI" et il devait ne pas tarir d'éloges à plusieurs de ses correspondants sur le nouveau "bolchevique" que j'étais, selon lui.

A la suite de la publication de ce numéro, Jean THIRIART se rapprocha définitivement du mouvement politique que j'animais alors. Et il apporta à la revue "CONSCIENCE EUROPEENNE" sa collaboration, sa plume, mais aussi son aide matérielle.

C'est grâce à lui que j'entrais en contact notamment avec José CUADRADO COSTA, un théoricien politique espagnol de Valladolid, qui avec Jean THIRIART et moi-même, forma le noyau de la première équipe rédactionnelle de "CONSCIENCE EUROPEENNE". Quelques années plus tard, devais également s'y ajouter Karel HUYBRECHTS (un pseudonyme derrière lequel s'abrite un ancien cadre de "JONG-EUROPA", la section néerlandophone de "JEUNE-EUROPE"; actuellement journaliste d'un grand quotidien néerlandophone) et sous le pseudonyme de "Boris ALEXINSKI" un ancien attaché militaire soviétique à Bruxelles. C'est cette équipe qui devait assurer de 1983 à 1988 la publication de la première série de "CONSCIENCE EUROPEENNE". Je reviendrai plus avant sur le rôle que joua cette revue et dans le débat politique et dans la diffusion des idées de Jean THIRIART.

Rapidement les contacts entretenus avec Jean THIRIART aboutirent à deux résultats. D'une part, une crise interne, les militants proches de la "Nouvelle Droite" ou restés trop marqués par le nationalisme classique et dépassé devaient en effet quitter l'équipe rédactionnelle de "CONSCIENCE EUROPEENNE" et le mouvement que j'animais alors, le "FRONT NATIONALISTE" (FNF).

Par ailleurs, et à la même époque, nous étions entré en contact avec des militants issus de l'extrême-gauche, notamment dans le cadre d’actions anti-américaines contre l'implantation des "Euromissiles" de l'OTAN à la base aérienne de Florennes, près de Charleroi. C’était l’époque du grand soulèvement contre la guerre américaine en Europe et de la constitution de la "gauche nationale-neutraliste" en Allemagne (d’où devaient émerger les GRUNEN et où militaient alors de nombreux NR allemands). De ces rencontres, des discussions passionnées qui les suivirent, devaient surgir la création en juin 1984 du "Parti Communautaire National-européen", le PCN. Sur celui-ci pesait d'ailleurs lourdement l'ombre de Jean THIRIART, ne fût-ce que par l'appellation du Parti, "JEUNE-EUROPE" s'étant en 1965 transformé en "Parti Communautaire Européen" (PCE).

Le PCN et "CONSCIENCE EUROPEENNE" reprirent alors, en les actualisant, la plupart des axes doctrinaux de la pensée de Jean Thiriart et de "JEUNE-EUROPE" et assumèrent en accord total avec THIRIART l’héritage de son organisation, dont le PCN assurait la continuité organisationnelle et doctrinale. Alors que celui-ci en 1982 était devenu un inconnu ou un vague souvenir, nous allions rapidement en quelques années en refaire, grâce à un infatigable travail éditorial et militant, la figure de proue du Nationalisme-révolutionnaire européen et nous allions faire prendre au "Communautarisme national-européen" un nouveau départ.

Lorsque j'ai rencontré Jean THIRIART en 1982, et à part ses nombreux éditoriaux publiés dans sa presse syndicale, il s'était exprimé une seule fois publiquement depuis la disparition de "JEUNE-EUROPE", dans la revue "LES CAHIERS DU CDPU", en 1975.

A l’exception de cet entretien et de la thèse que Yannick SAUVEUR devait lui consacrer en 1978 a l'Université de Paris, le silence était tombé sur l’œuvre de Jean THIRIART. Conspiration du silence, volonté de ne plus parler d'un théoricien dérangeant, volonté surtout pour de nombreux intellectuels, et en particulier ceux de la "droite littéraire parisienne ", de dissimuler les multiples emprunts que ceux-ci avaient fait à la pensée de ce visionnaire politique que fut pendant toute sa vie Jean THIRIART.

A partir de 1983, celui-ci me demanda de prendre en main l'édition des nombreux ouvrages qu'il continuait d'écrire et des travaux qui lui avaient été consacrés. C'est ainsi que naquirent dès 1983 les "Editions MACHIAVEL", dont j'assumais la direction éditoriale. A partir de 1983, nous avons publié dans les six principales langues européennes, dont le russe, plus d'une centaine d'ouvrages doctrinaux. Beaucoup d'entre eux passèrent inaperçus à l'époque. Mais pourtant, après plusieurs années de maturation, ils servent aujourd'hui de base doctrinale à un large courant révolutionnaire européen, de Lisbonne à Moscou.

Disposant de bureaux dans ceux de Jean THIRIART à Bruxelles, j'y organisais rapidement un secrétariat politique, C'est là que je rédigeais droits de réponse, communiqués de presse, brochures, dossiers de presse... Nous y disposions d'une aide qui fut extrêmement précieuse dans les premières années de notre activité. A plusieurs reprises d'ailleurs, nous y fûmes rejoint par le regretté José CUADRADO COSTA, prématurément disparu, qui fit de longs séjours à Bruxelles.

Il me faut à ce sujet aborder, afin de dissiper de nombreuses rumeurs souvent d'ailleurs malveillantes, l'aide que Jean THIRlART devait apporter à la création du PCN et à l'édition de "CONSClENCE EUROPEENNE". Dans les premières années de notre activité, son aide morale et matérielle ne fléchit jamais. A l'époque, il nous aida à démarrer et nous a permis de passer à un plan supérieur de nos activités politiques et éditoriales. Dans les années qui ont suivi, notre budget de fonctionnement et nos besoins croissant sans cesse, son aide devint moins importante. Nous finîmes par organiser après 1988 l'autofinancement de nos activités. Cela ne nous empêcha jamais de préciser la dette morale que nous avions envers Jean THIRIART et l'aide matérielle capitale qu'il nous avait apporté à nos débuts.

Les rapports que j'entretenais avec Jean THIRIART étaient empreints de la plus grande liberté. Dès notre accord de collaboration en 1983, nous avions défini celle-ci sur les bases qui nous semblaient les plus saines, à savoir une totale liberté l'un vis-à-vis de l'autre. Liberté pour THIRIART d'écrire ce qu'il souhaitait sans être l'otage d'un parti ou d'une clientèle, liberté pour mes amis et moi-même d'utiliser le "Communautarisme européen", les acquis de l’Organisation héritée de THIRIART, les relations de son réseau, et d'agir politiquement.

Dès cette époque, et avec le soutien, l'appui et l'accord de Jean THIRIART, nous avions décidé d'offrir au "Communautarisme européen" un nouveau départ. Il s'agissait d'actualiser cette doctrine créée par Jean THIRIART et ses collaborateurs de "JEUNE-EUROPE" dans les années 60, de l'adapter au XXieme siècle finissant, d'en faire une idéologie et une doctrine révolutionnaires tournées vers le XXlieme siècle. Par la force des choses, je fus donc amené à entreprendre un important travail doctrinal d'actualisation et d'approfondissement du "Communautarisme européen", dont je devins après Jean THIRIART le principal animateur.

La continuité entre le "Communautarisme européen" de la première génération, celle de "JEUNE-EUROPE", et celui de la deuxième génération, celle du PCN, est claire et évidente. Elle a été soulignée par tous les commentateurs politiques. Néanmoins, le "Communautarisme européen" de l’époque de "JEUNE-EUROPE" restait fort marqué par le départ dans les milieux nationalistes en 1961 de l'Organisation, la présence d’une aile droitière en son sein jusqu’en 1964, d'autant plus que de nombreux responsables du PCN venaient de la gauche et de l'extrême-gauche, politique ou syndicale. Notre premier secrétaire-général était d'ailleurs un ancien des écoles de cadres du "Parti Communiste de l'Union Soviétique (PCUS)" et avait été formé à Moscou à la fin des années 50.

Le "Communautarisme européen" de la seconde génération, celle du PCN, se définissait donc par une libération totale des apports et des scories issues du début des Années 60, qui hypothéquèrent lourdement "JEUNE-EUROPE", et se caractérisait aussi par une large ouverture aux idéologies marxistes-léninistes et nationales-révolutionnaires. Notre démarche allait d'ailleurs clairement dans le sens du travail entrepris a cette époque par Jean THIRIART et que l'on a qualifié de "théorie euro-soviétique".

Rapidement aussi, il m'apparut nécessaire de systématiser et de mettre en ordre le vaste travail idéologique entrepris par Jean THIRIART et ses collaborateurs dans les années 60. En effet, à l'exception de la publication de ses deux ouvrages "LA GRANDE NATION" et "L'EUROPE, UN EMPIRE DE 400 MILLIONS D'HOMMES", Thiriart n'avait jamais eu le temps, secoué par les aléas d'une vie militante et syndicale intense, de mettre de l'ordre dans son oeuvre et notamment dans les centaines d'articles doctrinaux qu'il avait écrits. A partir des archives de "JEUNE-EUROPE", je devais produire de nombreux ouvrages. Je classais les articles, je les actualisais et les complétais, J'en faisais des brochures ou des livres et Jean THIRIART les signait. Il me laissait une totale liberté à ce sujet. Pas une seule fois pendant les dix années où nous avons travaillé ensemble, il ne fit une remarque ou ne revint sur un ouvrage que j'avais réécris ou actualisé sous sa signature.

Il régnait en effet entre nous une étroite complicité intellectuelle. C'est cette complicité d'ailleurs qui faisait la base de nos rapports. Jean THIRIART en effet était trop âgé (près de 40 ans nous séparaient lors de notre première rencontre) pour qu'une véritable amitié se développe entre nous. Il fut donc, selon sa propre expression, le "grand-père politique idéal" pour moi. Il existait donc entre nous une relation faite d'une étroite complicité intellectuelle, complicité qui ne se dégrada jamais malgré nos caractères entiers. Jamais notre accord intellectuel et doctrinal ne devait marquer la moindre lézarde.

Lorsque je rencontrais Jean THIRIART, il était bien décidé, et son entourage faisait pression sur lui en ce sens, à ne jamais replonger dans la vie politique militante. Son intention était d'écrire et strictement d'écrire. Il avait gardé pourtant la nostalgie de la vie militante de "JEUNE-EUROPE", et en particulier des coups médiatiques et des actions sur le terrain. Et on sentait chez lui, une sourde nostalgie sur ce chapitre. A plusieurs reprises d'ailleurs, il devait étroitement nous aider dans plusieurs actions.

Ainsi par exemple, lorsqu'à l'occasion du quarantième anniversaire du massacre terroriste d'Hiroshima par l'aviation américaine, avec quelques camarades du Bureau politique du PCN, nous allâmes occuper l'ambassade des Etats-Unis à Bruxelles. A cette occasion Jean THIRIART coordonna de ses bureaux bruxellois la couverture médiatique et logistique de notre action.

Plusieurs années encore après, nous ne pouvions pas nous empêcher tous deux d'éclater de rire lorsque nous passions devant l'ambassade des Etats-Unis et que nous y découvrions l'imposant bunker qui y avait été construit à l'entrée de celle-ci après notre intervention très médiatique. En effet, nous avions, au grand dam des services de sécurité, pénétré avec une extrême facilité à l'intérieur de l'ambassade et les Américains devaient ensuite y bâtir un imposant blockhaus de béton et de verre blindé à l'entrée.

Jean THIRIART était d'ailleurs coutumier de ces gigantesques éclats de rire. Ceux qui ne le connaissent pas se laissent souvent prendre à l'image tragique qu'il donne de lui-même dans ses articles et revues, notamment au travers des photos qui les illustrent. Jean THIRIART, au-delà du théoricien austère et du doctrinaire socio-politique, était aussi un authentique personnage breughelien. Issu d'une famille liégeoise, il aimait la bonne chair, les bons vins et les plaisirs de la vie, même s'il savait, et il l'avait prouvé à plusieurs reprises, y renoncer, en particulier lors de ses nombreuses prisons politiques. Avec Jean THIRIART, l'humour cynique au second degré était chose coutumière. Cet aspect du personnage était souvent ignoré, il désarçonnait ses interlocuteurs. De nombreux journalistes, de nombreux correspondants, partirent furieux ou crurent aux remarques ironiques faites au second degré dont il émaillait ses entretiens et ses courriers. Nous lisions souvent avec amusement les comptes rendus de ses entretiens avec des journalistes qui n'avaient pas perçu cet aspect du personnage.

Avec l'organisation d'un secrétariat politique pour Jean THIRIART, dans ses bureaux bruxellois, je découvris surtout l'organisation exemplaire qui caractérisait ses entreprises, qu'elles soient politiques, syndicales ou commerciales. On oublie trop souvent cet aspect, pourtant souligné par la plupart des commentateurs qui ont étudié "JEUNE-EUROPE", à savoir l'hyper-organisation qu'assurait Jean THIRIART à ses entreprises. Un point commun avec LENlNE, qualifié par un de ses biographes de "monomaniaque de l'organisation".

C'est à travers ce modèle que j'ai appris à diriger, à organiser, à concevoir un mouvement sur des bases rationnelles et efficaces. Ce sens de l'organisation cette méthode de gestion et de travail Jean THIRIART l'a transportée aussi bien dans ses affaires qu'à "JEUNE-EUROPE" ou dans les organisations syndicales belges et européennes qu'il anima.

A ce titre d'ailleurs, le "Syndicat d'Optométrie d'Europe" (SOE), la seule organisation syndicale unitaire et intégrée européenne, conçue et pensée à l'initiative de Jean THIRIART, révèle d'ailleurs ce qu'aurait pu devenir et "JEUNE-EUROPE" si l'avenir politique lui avait souri, et plus encore la République européenne unitaire dont rêvait Jean THIRIART.

Dans cette organisation syndicale qu'il développa considérablement à partir de 1967, pensant y trouver d'ailleurs une alternative à l'effacement extérieur de "JEUNE-EUROPE", il montra aussi ses qualités d'organisateur et ses conceptions en matière d'organisation unitaire européenne. Lorsque l'on consulte les exemplaires de la revue de ce syndicat, "PHOTON", publication multilingue européenne éditée par le groupe de presse de THIRIART "La Presse européenne", on y découvre aussi – et ce n’est pas un hasard - des thèmes fort proches de ceux de "JEUNE-EUROPE". Jean THIRIART ne faisant guère de séparation dans ses conceptions syndicales, politiques ou professionnelles. Il y anima notamment dans les grandes capitales européennes de grands meetings syndicaux unitaires. On reste frappé devant les photos des tribunes de son organisation syndicale où d'immenses banderoles portent le slogan "EUROPA FORTIS UNITATE" (qui fut aussi un des premiers slogans de "JEUNE-EUROPE"). II y développa une organisation syndicale européenne au-delà de toutes différences nationales ou corporatives. Les dirigeants y étaient notamment désignés au suffrage universel européen et élu par l'ensemble des membres, partout en Europe (un concept proche de l' "Omnicitoyenneté" européenne qu'il prônait en politique). On y découvre aussi le ton nettement anti-américain de cette organisation syndicale.

Ceux qui reprennent aujourd'hui abusivement les idées européennes de Jean THIRIART oublient trop souvent cet aspect de sa pensée. Le "Communautarisme européen", ce n'est pas seulement une pensée politique, économique ou sociale, c'est aussi un modèle d'organisation, c'est surtout une PRAXIS politique et une vision du monde. C'est le seul exemple connu, avec le MARXISME-LENINISME, d'une telle école de pensée. Le "Communautarisme européen", ce sera surtout cela, après le MARXISME, au-delà du MARXISME, une praxis politique portant une vision du monde. Tout le reste découle de cela.

Vouloir aujourd'hui reprendre les idées de Jean THIRIART en matière d'unité européenne et abandonner ses concepts en matières d'organisation, qu'elle soit politique ou étatique, c'est amputer la pensée communautariste de ce qui fait sa force et son ampleur.

De 1983 à 1988, lors de la première phase qui a suivi la création du PCN, j'animais donc un mouvement politique très activiste, et j'assurais avec THIRIART et José CUADRADO COSTA un intense travail doctrinal. Cela ne devait pas nous empêcher de participer régulièrement aux élections organisées en Belgique, depuis la fondation du parti. C'était à chaque fois l'occasion d'un vaste débat avec Jean THIRIART. Celui-ci, pour des raisons philosophiques et politiques, était totalement opposé à la participation électorale. De vives discussions nous opposaient souvent d'ailleurs à ce sujet, où je ne manquais jamais de lui citer les thèses de LENINE ou de STALINE prônant la participation aux élections bourgeoises, et même aux parlements bourgeois.

Je lui faisais aussi remarquer que les élections étaient souvent l'occasion d'une intense publicité médiatique. Je lui rappelais aussi que la première fois où il redevint un personnage politiquement actuel et médiatique, au moment du lancement du PCN, ce fut grâce à une élection sénatoriale partielle provoquée par le PCN à Charleroi en octobre 1984, contre l'ensemble de la classe politique belge. A cette occasion des centaines d'articles et droits de réponse furent publiés sur le PCN et Jean THIRIART, qui reparut ainsi au premier plan de l'actualité politique.

Malgré ce refus d'une participation électorale, Jean THIRIART n'hésita pas, lorsqu'il le fallut, à payer de sa personne. En 1985, à l'occasion des élections législatives, le PCN présentait à titre d'essai, et pour découvrir les mécanismes de l'organisation d'une campagne électorale nationale, des listes dans l'ensemble des arrondissements de Wallonie et de Bruxelles. C'est Jean THIRIART lui-même qui s'occupa des formalités administratives de dépôt de nos listes à Bruxelles, à la grande surprise et des quelques militants d'extrême-droite effarés qui le virent débarquer au Palais de Justice de Bruxelles, et à la grande surprise surtout des dignes magistrats chargés des opérations électorales qui virent présenter la liste considérée par le régime comme la plus extrémiste de ces élections par celui qui était pour eux un notable important de la place de Bruxelles.

Cela ne manquait d'ailleurs pas de sel, puisqu'il faut préciser que Jean THIRIART depuis 1945 n'a jamais voté et que, malgré l'obligation qui en est faite en droit belge et les sanctions imposées, jamais le système n'osa le poursuivre en justice pour ces faits.

Lorsqu'il le fallait, Jean THIRIART n'a jamais hésité non plus à se réengager. Ainsi, lorsqu'en 1987 le PCN, "CONSCIENCE EUROPEENNE" et moi-même organisèrent une série de réunions en France afin de tenter de développer une organisation européenne (ces tentatives restèrent vaines, les esprits n'étant pas encore prêts), Jean THIRIART anima, notamment avec Yannick SAUVEUR, Thierry MUDRY et moi-même, une conférence-débat à Marseille, n'hésitant pas à faire avec nous l'aller-retour en 48 heures. Il devait multiplier à cette époque avec le PCN de nombreux contacts et réunions, à Paris notamment.

Les années 1988-90 virent nos liens se distendrent. Nos vies en effet avaient pris, pour des raisons qui ne nous étaient pas personnelles, des chemins divergents. A partir de 1988, j'avais été chargé par le troisième Congrès du PCN de développer la centrale du Parti et son organisation interne. Je devais inlassablement, au travers d'un travail de longue haleine sans aucun panache, créer un secteur associatif et commercial, développer des imprimeries et un atelier graphique... Tout cela me laissait peu de temps. Parallèlement, J'entamais alors avec le PCN une intense politique de présence, participant à toutes les élections organisées en Belgique et animant de nombreux comités de quartier, en liaison avec l'Association "EUROPE-ECOLOGIE", dont le PCN s'était étroitement rapproché.

Depuis cette date, j'ai également été saisi par la passion du droit et j'avais entrepris, sous la pression des événements, une activité intense de conseiller juridique auprès de nombreuses associations, ainsi que pour la défense du PCN, de la moralité politique et des libertés publiques en Belgique. Parmi les dossiers que je devais défendre figurent notamment les recours à la COUR D'ARBITRAGE (le Conseil Constitutionnel belge) contre la Loi organisant le financement des partis politiques traditionnels, contre celle organisant les élections européennes de 1989 ou celle modifiant le Code Judiciaire. Je devais également traiter de nombreux dossiers au CONSEIL 0'ETAT, que ce soit en demande d'annulation des élections communales a Charleroi en 1988, ou pour de nombreuses causes plus prosaïques, en défense de camarades, de sympathisants ou d'associations proches du PCN dans de multiples affaires.

Pendant ce temps, Jean THIRIART avait lui-même repris une intense activité professionnelle et syndicale. Sa société OPTERION avait pris un étonnant développement et était devenue le leader européen incontesté de l'optique, faisant d'ailleurs la nique aux Américains, ce qui amusait beaucoup Jean THIRIART. Sur le plan syndicaliste, Jean THIRIART était depuis longtemps l'un des leaders syndicaux de la profession des opticiens-optométristes en Belgique et en Europe. Il devait dans de nombreux procès, notamment contre l'Ordre des Médecins, défendre sa profession. Il était également le consultant recherché de nombreuses commissions de la CEE en matière professionnelle.

Ses activités multiples des deux côtés avaient relâché notre collaboration. "CONSCIENCE EUROPEENNE" avait cessé de paraître en 1988, nous pensions en effet qu'il fallait laisser le temps aux choses de se décanter, aux idées de se répandre, aux esprits de s'ouvrir.

La revue "CONSCIENCE EUROPEENNE" a joué pendant ces années 1983-88 un rôle capital. Malgré la conspiration du silence, malgré les attaques sournoises et systématiques dont elle fut l'objet (notamment au sein de la "Nouvelle droite" belge), "CONSCIENCE EUROPEENNE" traça la route, éclaira le chemin, ouvrit de multiples débats sans lesquels beaucoup de positions politiques actuelles n'auraient pas été possibles. Je dois ici saluer nos camarades du "PARTISAN EUROPEEN" qui seuls brisèrent cette chape de plomb et nous offrirent une tribune dans leurs publications en 1987.

L'essor actuel des idées national-européennes, de Lisbonne à Moscou, est né dans ce laboratoire d'idées qui compléta et amplifia le travail éditorial animé par l'équipe rédactionnelle de la revue. Que l'on songe en particulier au numéro spécial, tiré à vingt-cinq mille exemplaires, sur "LES COMMUNISTES DE WASHINGTON", qui fut expédié à l'époque à des milliers de militants et de responsables communistes en France et en Belgique, et qui obligea notamment une des principales organisations d'extrême-gauche belge à reprendre des positions anti-américaines, alors qu'elle était devenue, de manière stupide et ridicule, anti-soviétique, en copie de positions chinoises passéistes. Que l'on songe aussi aux brochures sur "LE PARTI DE L'EUROPE" ou les "ORIENTATIONS NATIONALES-REVOLUTIONNAIRES", respectivement publiées par THIRIART et moi-même, et qui sont aujourd'hui les textes de base du mouvement national-revolutionnaire européen, après être passées inaperçues au moment de leur publication.

La première série de "CONSCIENCE EUROPEENNE", ce fut cela, et surtout cela : un chemin tracé, une pensée semée.

Avec Jean THIRIART, nous nous revoyions régulièrement pour une longue ballade en forêt, et nous y découvrions à chaque fois que notre complicité intellectuelle était restée intacte.

A partir de 1991, je repris contact avec Jean THIRIART dans la double optique qui était celle de la progression de nos idées en Europe et de la reparution de notre presse "grand public" et de nos activités éditoriales. J'avais avec lui de nombreuses conversations, notamment sur l'évolution de la situation politique en Russie. Dans les derniers mois qui précédèrent son décès inattendu, nos contacts, redevenus étroits, portaient sur l'actualisation de la production éditoriale des "Editions MACHIAVEL" publiée entre 1983 et 1990. Nous travaillions en particulier sur la publication d'une nouvelle version du "MANIFESTE A LA NATION-EUROPE". Jean THIRIART en avait écrit les trois premières versions dans les années 60, j'avais écris les deux suivantes dans les années 80. Lorsque je lui avais fait part de mon intention de publier une nouvelle version du MANIFESTE, adaptée à l'évolution de la situation européenne et internationale, il m'avait immédiatement proposé de la cosigner. Son décès nous a surpris alors que nous discutions de la correction des épreuves.

Les derniers jours de THIRIART furent assombri par les débuts de l’entreprise de récupération de ses idées qui l’indignait, où la pensée du fondateur du Communautarisme européen est détournée et travestie, déconsidérée et salie.

A l’occasion de son voyage triomphal en Russie en août 1992, où il reçut la reconnaissance politique qu’il méritait, THIRIART découvrit avec effarement la tentative de récupération dont il était victime de la part d’un quarteron d’agitateurs français et italiens. La confusion avec la "Nouvelle droite", pour laquelle il avait un mépris profond, le mettait particulièrement en rage. Sa dernière activité politique fut de préparer avec moi la contre-offensive et d’adresser de nombreuses mises aux points et droits de réponse à la presse russe et française.

THIRIART insistait en permanence sur le respect de l’orthodoxie idéologique, à l’instar de Lénine qu’il admirait, il menait sans cesse le combat contre les déviations. Dès 1960, il devait mettre l’accent sur la nécessité de définir une orthodoxie doctrinale. Ce sera le "Manifeste à la Nation européenne", texte fondateur du Communautarisme européen.

La mort de Jean THIRIART fut tout à fait, pour moi comme pour tous ses proches, inattendue. Deux jours avant son décès, j'avais longuement discuté avec lui, notamment de projets éditoriaux. Il venait en particulier de nous confirmer sa participation active au comité de rédaction de la nouvelle série de "CONSCIENCE EUROPEENNE".

Fréquemment Jean THIRIART évoquait avec humour l'idée de sa disparition. Comme il me l'avait dit quelques semaines avant sa mort, il pensait, et nous le croyions tous, avoir encore une vingtaine d'années pour, comme il le disait, faire enrager le Régime et le Système. La mort a surpris Jean THIRIART à la suite d'un effort sportif, elle l'a frappé en pleine maturité physique et intellectuelle. Je pense que Jean THIRIART n'aurait pas regretté cette mort. En athée, en matérialiste militant, en libre exaministe, il ne craignait pas la mort et la regardait avec mépris.

A la mort de Jean THIRIART, le PCN recueillait son héritage politique, comme il avait déjà en 1984 reçu celui de l’Organisation communautariste. La fidèle épouse de Jean THIRIART, Alice Thiriart-Thyssens, ancien cadre dirigeant de "Jeune-Europe", me remettait les archives de "Jeune Europe", les manuscrits et les archives politiques de THIRIART. En 1999, à la mort prématurée d’Alice, Je recevait de Frédérique Thiriart, sa fille, les archives privées de son père, sa volumineuse correspondance et sa bibliothèque politique (Le tout est regroupé dans les Fonds d’Archive "Jeune-Europe" et "Jean THIRIART" du PCN.).

Un grand Européen nous a quitté en novembre 1992, le père de la Révolution européenne n'est plus. SES IDEES CONTINUENT A VIVRE DANS NOS RANGS.

Jean THlRIART fut un visionnaire politique et un penseur d'avant-garde. Il faut préciser la place qu'il occupe dans les idées politiques du XXieme siècle. Nos camarades de la revue "LE PARTISAN EUROPEEN" ont parlé de Jean THIRIART comme du "LENINE de la Révolution européenne". Je pense plutôt qu'il a joué dans la Révolution européenne, et dans l'évolution du "Communautarisme européen", ce socialisme révolutionnaire du XXlième siècle, le rôle que MARX joua avant LENINE, avant STALINE. Sans MARX, il n'y aurait pas eu la Révolution d'Octobre. Sans MARX, il n'y aurait jamais eu l'essor du Socialisme, m0me s'il a pris la fin lamentable où l'a conduit la trahison de GORBATCHEV. Sans la Première INTERNATIONAI.E que dirigea notamment MARX, il n'y aurait jamais eu ni la troisième INTERNATIONALE, le KOMINTERN, ni le Parti Bolchevique. Le rôle de Jean THIRIAHT sera sans doute le même au regard de l'histoire. Sans "JEUNE-EUROPE", il n'y aurait pas aujourd'hui l'effervescence d'idées et de mouvements qui se réclament de la pensée communautariste. Sans Jean THIRIART, sans le COMMUNAUTARISME de la première génération, il n'y aurait pas aujourd'hui une pensée communautaire nationale-européenne en Europe. Jean THIRIART apparaîtra sans doute demain comme le MARX de la Révolution européenne.

THIRIART était passionné par les découvertes scientifiques, en particulier par les progrès de la génétique et de la biologie. Je pense donc qu'il n'aurait pas désavoué la comparaison que je vais esquisser. "JEUNE-EUROPE" fut le laboratoire où, par diverses mutations, ici doctrinales et non génétiques, fut forgée une semence, un grain nouveau, celui d'une doctrine socialiste et nationale-révolutionnaire aux dimensions de l'Europe et à l'heure du XXIème siècle. Ce grain, nous sommes en train de le semer. Demain il s'agira pour nous de le récolter et d'assurer les moissons politiques de la Révolution du XXIème siècle, la naissance de l'Empire européen, la Grande Nation unifiée de Reykjavik à Vladivostok.

Luc MICHEL.

 

 



Webmaster :
Luc Michel
128 route de Montigny
Bte 01, B/6000, Charleroi